
Ecrivain très reconnu dans son pays, l’Ukraine, Serhiy Jadan est l’auteur d’une oeuvre importante, traduite en français essentiellement par les Editions Noir sur Blanc. Il est le récipiendaire de plusieurs prix littéraires, comme récemment le Prix de l’Etat autrichien pour la littérature européenne ou encore du Prix de la paix des libraires allemands. Les douze nouvelles qui composent le recueil Personne ne demandera rien se déroulent à Kharkiv et nous livrent la peinture d’un quotidien marqué certes par la guerre mais aussi par l’humanité.
Un homme se rendant à un rendez-vous pour être embauché ; une rencontre dans un parc ; un rendez-vous entre un homme et une femme dans un hôtel… C’est la vie quotidienne qui s’invite dans les courtes nouvelles de Serhiy Jadan. Néanmoins, à un moment donné, le lecteur prend conscience que ces scènes se déroulent dans une ville en guerre, partiellement désertée depuis 2022 à cause de l’agression russe. Rappelons à cet égard que Kharkiv était alors la seconde ville ukrainienne avec plus de 1.4 million d’habitants.
Serhiy Jadan n’évoque pas la guerre et ses atrocités de façon directe – le traumatisme, la douleur, la peur sont évoqués de façon sobre, et cela donne aux différentes nouvelles une tonalité marquante.
Elle faisait attention pas seulement dans la salle de bains. Elle s’était habituée à regarder où elle mettait les pieds, pour être sûre de les garder.
Si la guerre n’est jamais loin, l’entraide, l’espoir sont présents tout au long du livre. Le soleil brille, les oiseaux chantent, et le système D, l’aide fonctionnent à plein. On retrouve des personnes récurrentes dans ce livre qui viennent s’assurer par exemple ce qu’est devenue une personne ne donnant plus de nouvelles ou encore apporter de la nourriture à des enfants.
Ce livre est ma première rencontre avec Serhiy Jadan et sûrement pas la dernière. Malgré le nombre de pages restreint, ce recueil, illustré de la main de l’auteur, est très touchant et juste. Une lecture importante pour penser au terrible sort des Ukrainiens, alors que la guerre provoquée par la Russie a débuté il y a désormais quatre ans.
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Personne ne demandera rien – Nouvelles de Kharkhiv, de Serhiy Jadan, traduit de l’ukrainien par Iryna Dmytrychyn. Les Editions Noir sur Blanc, 2026, 108 pages.

Ma 1ère participation aux Gravillons de l’hiver chez La petite liste.
C’est la première fois que je lis un billet à propos de cet auteur et tout ce qui concerne l’Ukraine m’intéresse.
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C’était mon premier livre de cet auteur et je suis heureux de l’avoir lu. J’essaie également de suivre ce qui se passe en Ukraine et, à l’occasion des 4 ans du début de la guerre, j’ai prévu quelques lectures ukrainiennes.
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Je n’ai pas le courage de lire un roman sur fond de guerre mais un recueil de nouvelles, peut-être.
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Je peux comprendre mais je te le conseille. C’est traité de façon subtil.
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Donner de la chair, de la psychologie à des scènes trop vues à la télé (ou peut être pas assez. Sortir des actualités pour la littérature
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Oui, et ici, en fait, c’est la vie quotidienne des gens qui est dépeinte. Quand il évoque des soldats, c’est davantage lors d’une permission ou tristement pour l’enterrement d’un camarade – mais jamais sur le terrain de bataille.
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Le genre de livre qui permet de mieux comprendre ce que c’est la vie au quotidien d’un pays ravagé par la guerre. Je note.
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Très bien résumé
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Comme Luocine, que ce soit des nouvelles me semble moins dur à lire…
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Oui, des nouvelles qui ne se déroulent pas sur le champ de bataille.
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Noté ! Comme le dit Miriam, la (bonne) littérature permet (en tous cas à moi) de rendre plus tangible ce que l’on lit/voit/entend par ailleurs dans la presse par exemple. Même si c’est évoqué ici en filigrane, ce qui n’en est sans doute que plus puissant.
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Merci pour ton commentaire. C’est exactement la même chose pour moi. C’est une réflexion que je me suis souvent faite ces derniers temps ; c’était par exemple le cas du livre « Les crédits » de Damien Peynaud qui évoquait le surendettement et mettait un ressenti derrière celui-ci.
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