Dans son premier roman, Raphaël Jerusalmy nous emmène dans l’Autriche des années 1939 et 1940 sur les traces d’un critique musical atteint de tuberculose et vivant ses derniers mois dans un sanatorium, et qui s’est fixé un objectif devant la bêtise des nazis, Sauver Mozart.
Nous sommes le 10 décembre 1946 à Stockholm. Le chimiste Otto Hahn se prépare à aller recevoir le Prix Nobel de Chimie, consécration pour celui qui a découvert la fission nucléaire. Or, ce jour correspond également à une vive dispute qu’il a eue avec son ancienne collaboratrice, Lise Meitner, physicienne talentueuse. Dans Le prix, Cyril Gély reconstitue cette journée et l’échange houleux qui s’y déroula.
Mais tu sembles oublier une chose : ce ne sont pas les êtres qui changent, mais leur version du passé…
Si Abram vit désormais dans le Sud de la France, ses racines familiales le rattachent à la Hongrie qu’il a dû quitter après 1956 pour se réfugier en Suisse avec sa mère et sa grand-mère. Il a désormais plus de soixante-dix ans, et l’une de ses filles, Sára, le presse pour qu’il entreprenne enfin avec elle un voyage en Hongrie. Il finit par accepter. S’inspirant de sa propre histoire familiale, Dóra Kiss, danseuse, enseignante et écrivaine suisse, nous livre dans En beaux caractères, un récit tout en finesse sur la mémoire d’une famille hongroise au XXème siècle.
Aussi en retournant en Hongrie, il compte ne rien retrouver mais seulement tailler quelque chose dans le vif : un bâton, ou un témoin.
Journaliste et écrivain allemand, Harald Jähner s’est fait connaître auprès du lectorat français par son précédent essai Le temps des loups, qui traitait de l’Allemagne de l’après-guerre, et qui fut le lauréat du Prix Historia 2024 du meilleur livre d’Histoire. Dans L’ivresse des sommets, l’auteur s’attarde sur la société allemande durant la période de la République de Weimar.
Vers 1930, la démocratie a perdu l’une de ses ressources à la fois les plus importantes et les plus fragiles : la confiance en soi. (…) La démocratie de Weimar n’était pas d’une faiblesse telle qu’une autre issue n’aurait pas été envisageable. Tout le monde avait le choix, et notamment dans l’isoloir.
A l’occasion de notre lecture hommage à Goran, Ingannmic a proposé de lire Un fils de notre temps, un livre paru après la mort de son auteur, Ödön von Horváth (1901-1938), écrivain hongrois de langue allemande, qui fut dès 1933 interdit des scènes allemandes et, dès lors, contraint d’émigrer en Autriche puis en France. Il identifie et dénonce les dangers du régime national socialiste.
Figure importante de la littérature tchèque du XXème siècle, Jiří Weil est un auteur d’origine juive dont l’oeuvre reste très marquée par le destin des Juifs durant la Seconde Guerre Mondiale. Ses deux ouvrages les plus connus ont fait l’objet de réédition en français : tout d’abord Mendelssohn est sur le toit, puis Vivre avec une étoile, l’histoire de Josef Roubíček, modeste employé de banque dont le quotidien se rétrécit au fur et à mesure que l’étau se resserre autour des Juifs de Prague.
Dans Un jour dans l’année, Christa Wolf évoque plusieurs fois le livre d’Anna Seghers (1900 – 1983), La septième croix, qu’elle considère comme un chef d’oeuvre. C’est d’ailleurs elle qui signe la postface du livre récemment retraduit en français par les Editions Métailié, qui met en scène, dans l’Allemagne nazie des années 30, l’évasion de détenus politiques du camp de Westhofen.
Hermann a parfaitement raison : un évadé qui a réussi à s’échapper, c’est toujours quelque chose, ça chamboule tout. C’est toujours un doute jeté sur leur pouvoir absolu. Une brèche.
La saison lituanienne en France se déroule en cette fin d’année 2024 et a pour but de faire mieux connaître la culture de ce pays balte en France. Lors de la Rentrée à l’Est organisée par Sacha, nous nous étions focalisés sur la littérature estonienne et lettone ; nous complétons nos lectures baltes par un roman lituanien récemment traduit en France, Ténèbres et compagnie, dans lequel Sigitas Parulskis revient sur un aspect historique passé sous silence : la participation des Lituaniens à l’extermination des Juifs durant la Seconde Guerre Mondiale.
Vincentas (…) pensait qu’après cette guerre, la valeur des actions de l’âme, de la foi et plus généralement de Dieu avait fortement chuté. Le fils de Dieu avait peut-être ressuscité, le fils de l’Homme, non.
Sofi Oksanen, écrivaine finnoise, s’est fait remarquer en dehors de son pays surtout avec son troisième roman Purge. Pour participer à Une rentrée à l’Est, j’ai choisi son roman Quand les colombes disparurent dans lequel elle revient sur l’histoire mouvementée du pays d’origine de sa mère, l’Estonie, en retraçant notamment les années 40 et 60.
Ecrit entre 1935 et 1938, Grand-peur et misère du IIIe Reich est une pièce de théâtre du dramaturge allemand Bertolt Brecht (1898 – 1956). Elle consiste en de courtes scènes se déroulant dans l’Allemagne nazie dans les années précédant la guerre et montrant la réalité du quotidien dans ce pays.