Graham Swift – Le dimanche des mères

Héritage d’une coutume anglaise où les domestiques des familles bourgeoises se voyaient octroyer une journée de congé pour rendre visite à leurs mamans, Le Dimanche des mères est aussi le titre du roman que consacre l’écrivain anglais Graham Swift à l’une de ces journées, un certain 30 mars 1924.

Jane est la jeune femme de chambre des Niven, une famille anglaise aristocrate ayant perdu deux fils huit ans plus tôt sur les champs de bataille de la Somme. Alors que les Niven s’empressent de se préparer pour répondre à l’invitation de la famille Sheringham, qui organise un repas avant le mariage de leur fils Paul avec Emma Hobday, Jane, quant à elle, se demande ce qu’elle va faire de cette journée…

C’était le dimanche des mères 1924. Une coutume bien différente de cette absurdité que l’on appelle de nos jours fête des mères. Et elle n’avait pas de mère, voyez-vous.

Soudain, le téléphone sonne… Et à l’autre bout du fil, il ne s’agit de personne d’autre que de Paul Sheringham, « le fiancé », qui invite Jane à le rejoindre dans sa maison libre pour la journée. Les deux jeunes gens entretiennent en effet une relation depuis plusieurs années. Jane, invitée pour la première fois dans la maison des Sheringham, sait aussi que ce sera sûrement la fin de cette relation avec Paul, celui-ci allant se marier et quitter la région.

Dans le dimanche des mères, il est donc question de cette journée, de cette rencontre… Même s’il s’agit de quelques heures, ces événements auront des conséquences sur toute la vie.

L’attente, le sentiment de liberté qui se dégage de cette journée, mais aussi la description très particulière de ce moment, où Paul passe plus de temps à se rhabiller et à se préparer pour le rendez-vous qu’il a ensuite avec sa future femme, qu’au lit avec sa maîtresse, tout cela donne une tonalité spécifique au récit. Ajoutons-y le suspense car on sent que quelque chose va se passer…

La fin du livre où l’on découvre le destin de Jane m’a semblé moins attirante. Au final, une découverte intéressante, pas inoubliable. Par contre, je me promets de lire un autre titre de l’auteur, A tout jamais, élu meilleur livre étranger en 1994.

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Le dimanche des mères, de Graham Swift, traduit de l’anglais par Marie-Odile Fortier-Masek. Gallimard NRF, 2017, 144 pages.

Egalement disponible en poche chez Folio

Par cette lecture, je participe pour la seconde fois au Mois Anglais organisé par MyLouBook et Plaisirs à cultiver.

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19 réflexions sur “Graham Swift – Le dimanche des mères

    • Patrice 30 juin 2020 / 05:09

      Ca ne vaut pas Paul Gadenne (que je me suis promis de lire cette année :-))

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      • Goran 30 juin 2020 / 07:24

        J’ai hâte d’entendre ton avis…

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  1. laboucheaoreille 28 juin 2020 / 13:15

    Cette critique mitigée m’incite à m’abstenir. Mais je retiendrai le nom de l’auteur qui est apparemment intéressant …

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    • Patrice 30 juin 2020 / 05:07

      J’ai peut-être été un peu trop dur dans mon commentaire :-).

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  2. Eve-Yeshé 28 juin 2020 / 13:51

    j’hésite depuis un moment, je crois que je vais m’abstenir aussi 🙂
    j’ai aussi en pense-bête dans ma PAL « J’aimerais tellement que tu sois là » …

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    • Patrice 30 juin 2020 / 05:07

      Si ta PAL est déjà bien chargée, tu peux en effet t’abstenir… mais je ne regrette pas de l’avoir lu pour être tout à fait honnête !

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    • Patrice 30 juin 2020 / 05:04

      Si tu as l’occasion de l’emprunter, ce titre est lui-même intéressant

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  3. allylit 28 juin 2020 / 16:37

    Je pense en effet que je l’emprunterai car les critiques que j’ai pu lire sont globalement mitigées

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    • Patrice 30 juin 2020 / 05:03

      Il y en a de bonnes néanmoins, et comme le soulignent certains commentaires, il y a une ambiance très particulière dans ce livre qui est bien mise en avant.

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    • Patrice 30 juin 2020 / 05:02

      Très bonne nouvelle, je comprends complètement ton commentaire.

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  4. Passage à l'Est! 29 juin 2020 / 09:01

    J’ai bien aimé ce livre, que je souhaite d’ailleurs relire. Je ne me souviens plus trop de l’écriture qu’évoque Dominique, cependant je me souviens bien de l’atmosphère d’après-midi chaud et désoeuvré qui se dégage du livre (que j’ai lu en anglais). Je vais chercher cet autre titre que tu mentionnes.

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    • Patrice 30 juin 2020 / 04:58

      Tu as tout à fait raison et je me rends compte que je n’ai pas assez souligné ce point. J’ai encore cette ambiance en tête, elle est très bien restituée.

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  5. Tania 29 juin 2020 / 09:47

    Une lecture récente et appréciée – j’ai aimé cette manière de ralentir le temps tout en maintenant l’intensité, et cette approche au plus près des corps et des choses.

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    • Patrice 30 juin 2020 / 04:57

      Je te donne raison. C’est une chose que l’on perçoit très bien dans le livre et c’est une réussite.

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  6. lcathe 10 juillet 2020 / 19:18

    Lu avis mitigé tout à fait oubliable.

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  7. nicolemotspourmots 12 juillet 2020 / 17:07

    Pour moi c’est un roman virtuose, sur la façon dont naît un écrivain. Il y a dans ces 140 pages différentes strates, la construction est grandiose… je n’ai aucun bémol comme je l’avais écrit à l’époque.

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