La colline des potences – Dorothy M. Johnson

Pfff, je viens tout juste de sauter de la diligence, couverte de poussière et avec les jambes un peu tremblotantes d’avoir survécu dans ces contrées imprévisibles de l’Amérique du XIXème siècle. Toutefois, Dorothy M. Johnson a manié les rênes avec assurance et m’a littéralement transportée à travers ses nouvelles regroupées dans le recueil La colline des potences.

Etre un hors-la-loi, c’est terriblement fatigant pour les muscles faciaux.

Dorothy M. Johnson est une autrice américaine qui s’est fait connaître en littérature par ses nombreuses nouvelles, largement publiées dans les journaux et magazines d’époque, et de la non-fiction, entre autres sur la Montana. Vous pouvez visualiser son visage sur le site de Montana Cowboy Hall of Fame – une photo qui fait selon moi parfaitement écho à son style tel que je l’ai découvert en lisant ce recueil.

Les dix nouvelles nous emmènent dans le Far West du temps des pionniers, des prospecteurs et des bandits où la loi et la survie étaient encore une question de chance ou de rapidité. Souvent, l’autrice choisit le regard d’un jeune inexpérimenté qui aimerait enfin rencontrer la gloire ou du moins avoir enfin quelque chose à raconter. C’est le cas du garçon de 10 ans dans la nouvelle Une époque de grandeur qui alla travailler chez Cal Crawford. Ce dernier était assez vieux pour avoir vécu les fusils à pierre, il a en effet « traversé deux révolutions en matière d’armes à feu » (un peu comme « il compte encore en anciens francs » version cowboy !). Sa santé décline et le garçon va l’accompagner dans ses derniers jours qui lui feront entrevoir tout le vécu du vieux cowboy (forcément passionnant aux yeux du jeune homme).

Je compris alors qui était venu chercher Cal Crawford. Il l’avait souvent bravée. Il lui avait fait baisser les yeux, l’avait repoussée, combattue. Il lui avait échappé. A présent, il se préparait à l’affronter encore une fois.

Même chose dans Au réveil, j’étais un hors-la-loi : un jeune de 22 ans se retrouve au mauvais moment au mauvais endroit et les circonstances le poussent à se joindre à un groupe de bandits. Leather est alors accueilli dans la colonie Eagle Nest, logé dans une cabane pour des célibataires et on lui ouvre même un crédit au magasin général où il ne tardera pas à faire ses emplettes :

Du savon pour enlever la poussière à l’extérieur, j’ai répondu. Des pêches en conserve pour la diminuer à l’intérieur et du tabac pour me détendre avant d’aller dormir quatre ou cinq jours.

Pour sûr, j’étais un vrai dur, un sacré voleur de bétail. J’avais juste besoin de mon petit confort.

Mais comme tous les bandits, même les plus durs, ont un point faible, tout se compliquera pour Leather à cause de la présence d’une femme… C’était un peu différent pour Wolfer Joe Kennedy qui, dans Une dernière fanfaronnade, lors des derniers moments de sa vie avec une corde autour du cou, déclare que la seule chose de bien qu’il ait faite dans sa vie était d’avoir trahi une femme…

C’est dans ces nouvelles, qui ont en majorité autour de 20 pages, que j’ai le plus apprécié la plume de Dorothy M. Johnson. Les histoires sont compactes, très bien réparties, dynamiques, avec parfois un côté humoristique. C’est ce qui m’a manqué dans le roman court de 130 pages – La colline des potences. J’ai fait une erreur de regarder la bande d’annonce du film des années 50 et même si Gary Cooper est évidemment très plaisant à l’écran, la tonalité du film et surtout le personnage d’Elisabeth m’ont malheureusement gâché la lecture…

Il n’empêche que Dorothy M. Johnson est une excellente conteuse et, par son sens de l’observation, nous fait vivre une très bonne aventure pour qu’on ait, nous aussi, quelque chose à raconter !

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La colline des potences, de Dorothy M. Johnson. Traduit de l’américain par Lili Sztajn. Gallmeister, 2015, 305 pages.

L’avis de Kathel

Ma 2ème participation aux Bonnes nouvelles (édition 2025) de Je lis, je blogue.

7 réflexions sur “La colline des potences – Dorothy M. Johnson

  1. Avatar de Nathalie Nathalie 20 janvier 2025 / 21:29

    J’ai lu le livre où elle raconte son enfance et sa jeunesse, jusqu’à son premier emploi de demoiselle du téléphone, dans une petite ville de l’ouest, et c’était brillant. Tellement drôle et intelligent. Je crois que ce recueil de nouvelles se trouve sur mes étagères et cela donne très envie de le lire.

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  2. Avatar de keisha41 keisha41 21 janvier 2025 / 07:08

    Bizarre, je pensais l’avoir lu (ou alors un autre recueil contenant l’homme qui tua Liberty Valance?)

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  3. Avatar de je lis je blogue je lis je blogue 21 janvier 2025 / 07:21

    Belle trouvaille ! J’ai tout de suite eu envie de monter dans la diligence avec toi ! Merci pour cette nouvelle proposition.

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  4. Avatar de Eva Eva 21 janvier 2025 / 13:03

    Commentaire de Kathel :
    « Je viens de le lire et mon billet est prêt pour dans quelques jours ! Cette lecture fait suite à celle de Contrée indienne qui m’avait enthousiasmée, il y a un an ou deux. »

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  5. Avatar de Sacha Sacha 21 janvier 2025 / 13:43

    Une fois de plus, ta photo est parfaite pour ce billet! Je me demande où tu trouves tous ces accessoires toujours parfaitement à propos 😯. Dorothy est un prénom que j’associe justement aux western (et pas seulement au Magicien d’Oz donc), et ses récits semblent truffés d’humour. C’est noté !

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  6. Avatar de ta d loi du cine ta d loi du cine 29 janvier 2025 / 19:33

    Je ne connais pas les autres nouvelles, cet article me donne envie de les lire, je verrai si je trouve le bouquin en bibli…

    Il y a quelques années, dénicher le film en DVD m’avait permis de réécouter la chanson de Marty Robbins (The Hangging Tree) en VO, ainsi que sa version française (L’arbre aux pendus, chantée par John William il me semble). J’avais vu le film plusieurs décennies avant, et l’ai fait découvrir à dasola.

    (s) ta d loi du cine, « squatter » chez dasola

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