
Cathy et Noah forment un couple solide, partageant leur vie entre leurs emplois respectifs et les petits plaisirs du quotidien. Rien ne manque à leur bonheur, pas même un enfant. Encore que… ces derniers temps, Cathy commence à ressentir quelques doutes… Avec Repentirs, Chloë Ashby introduit une héroïne attachante confrontée à des choix difficiles.
Marié depuis presque dix ans, le couple occupe un confortable appartement à Londres, avec un chat pour seul compagnie. Des années auparavant, ils ont tiré les choses au clair – ils n’auront pas d’enfants. Tandis que le sujet est clos pour Noah, Cathy arrive à un âge (35 ans) où la question de la maternité lui est posée de plus en plus souvent par son entourage et elle se rend compte de l’irréversibilité de sa décision. Ne commet-elle pas une erreur ?
Le roman fait l’effet d’une musique de chambre, comme si on s’enfermait dans l’univers de Cathy pour une année. Ce côté intimiste est entretenu par le projet sur lequel elle travaille dans le cadre de son emploi à la Galerie nationale. En effet, jour après jour, elle enlève les couches qui se sont rajoutées au fil des siècles au tableau d’origine d’un peintre hollandais du XVIIe siècle. Chloë Ashby est critique d’art et j’ai beaucoup apprécié ces passages sur la conservation et la création qui font joliment écho aux questionnements intérieurs de Cathy.
Mon esprit scientifique a mis un frein à mon rêve de devenir artiste. Quand je repense à moi à dix-sept ans, je revois une jeune fille curieusement ordonnée et méthodique, habile de ses doigts et assoiffée de connaissances.
Je ne voulais pas simplement créer de l’art; je voulais le comprendre, lui consacrer toute mon attention. Mais je n’ai jamais cessé de faire des croquis. Crayons et fusains ont remplacé l’arc-en-ciel de couleurs. Les sujets ont changé avec le temps, eux aussi. Les boots en cuir de mon père, leurs lacets emmêlés. Des verres à moitié remplis d’eau, dans lesquels s’enroulaient des volutes huileuses. Les oreilles de Noah. Des gouttes de pluie se tortillant sur des vitres. Tom, le ventre plein, son pelage blanc comme neige. Les sourcils de Noah. Des vagues bouillonnantes. Si une chose était restée une constante source d’inspiration, c’étaient les mains de ma mère – ses doigts qui se déformaient avec le temps, sa peau qui se relâchait et se froissait comme du papier de soie. Quand je regarde mes doigts, ça me réjouit de voir qu’il y en a deux qui se courbent l’un vers l’autre. L’héritage est affaire de corps autant que de biens.
Intimiste, douce et pourtant universelle, l’histoire capte ainsi des moments de choix cruciaux et de pression dus aux attentes de la société, mais aussi le douloureux vieillissement des propres parents. L’autrice accompagne le personnage principal avec beaucoup d’empathie et d’élégance, sans porter de jugements, et donne définitivement envie de se procurer son précédent livre Peinture fraîche. *
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Repentirs, de Chloë Ashby. Traduit de l’anglais par Anouk Neuhoff. Editions La Table Ronde, 2025, 330 pages.
* Vous pouvez découvrir Peinture fraîche chez Fabienne qui a beaucoup aimé.

Même si la question de la parentalité représente le thème central, la peinture et le travail de la conservation accompagnent toute l’histoire ce qui me permet de participer au Printemps des artistes 2025 chez Marie-Anne.
Très belle photo une fois de plus ! Et ton billet, comme celui de Fabienne, me poussent à ajouter Chloë Ashby à mes listes.
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Déjà noté, ainsi que Peinture fraîche, ton avis ajoute à cette tentation !
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Deux billets qui donnent envie de découvrir cette autrice. J’aime beaucoup la citation.
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J’avais retenu le nom de l’auteure suite au billet de Fabienne, en effet.. merci pour le rappel..
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J’ai déjà noté Peinture fraiche, mais celui ci m’a l’air encore meilleur?
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Bonjour Eva, merci beaucoup de cette participation ! Cette écrivaine anglaise m’était inconnue mais les deux thèmes que tu cites, l’art et la parentalité, me plaisent beaucoup. Je vais ajouter le lien dans le bilan de juin. Belle journée à toi 🙂
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une bien jolie photo et une activité si agréable pour les amies : l’aquarelle !
le roman ne me tente qu’à moitié , on verra .
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C’est très tentant. J’ai l’impression que tous les livres de l’autrice ont un lien avec l’art.
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oh que ça m’attire ! Encore un absent à ma bibli, zut alors !
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L’auteure aime parler des peinture au vue des titres de ses romans.
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