
Ecrivain autrichien majeur, Adalbert Stifter (1805-1868) eut un grand succès de son vivant et son oeuvre est largement traduite en français, dont Le Vieux Garçon, écrit en 1844 et d’abord traduit sous le titre L’homme sans postérité.
Orphelin de père et de mère, Victor est un jeune homme qui vient d’achever ses études. Son père, avant de mourir, lui avait trouvé un tuteur, ainsi qu’une « famille adoptive ». Il ne lui reste qu’une dernière obligation à remplir avant de prendre son premier poste : aller rendre visite à un oncle fortuné, vivant reclus sur une île, à la demande de ce dernier.
Homme de devoir, Victor se met en route sans savoir ce que lui veut le vieil homme. Il traverse les forêts, avant d’atteindre le lac où se trouve la résidence. Le contraste est fort entre le jeune homme et l’oncle :
A la faveur du jour, Victor remarquait combien l’homme était hâve et fané. Ses traits n’exprimaient nulle bienveillance, nulle compassion : ils étaient fermés comme ceux de qui se tient sur ses gardes et n’a aimé que soi depuis d’inombrables années. Ses bras flottaient dans les manches de sa redingote ; de son col émergeait un cou rouge et fripé. (…) A l’exception des deux domestiques, le vieux Christoph et la vieille femme, tout semblait mort dans la maison.
Etonnamment, l’oncle ne semble guère exprimer de joie à voir le jeune homme ; les repas se passent sans qu’aucune discussion profonde ne s’engage. Alors que Victor souhaite repartir, l’oncle s’y oppose et le jeune est en apparence prisonnier…
Première rencontre avec l’oeuvre de Stifter, la lecture de Le Vieux Garçon m’a apporté un grand plaisir : la description de la nature environnante, le soin des détails racontés (comme ce moment où Victor fait ses valises avant de dire adieu à sa famille adoptive), l’arrivée sur l’île ou la « confrontation » avec l’oncle… Les 160 pages de ce court roman sont finement écrites et nous embarquent dans une lecture qui en appelle assurément d’autres !
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Le Vieux Garçon, d’Adalbert Stifter, traduit de l’allemand (Autriche) par Marion Roman. Editions Sillage, 2014, 160 pages

Lu dans le cadre des Feuilles allemandes.
Un livre lu et apprécié également par La bouche à oreilles et notre regretté Goran.
c’est vrai que moi aussi je regrette Goran, il m’a beaucoup apporté dans le monde de la blogosphère.
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Je suis bien d’accord avec toi. Je suis heureux que l’on puisse maintenir nos lectures communes annuelles en sa mémoire, et je consulte toujours son blog qui est une source de partage et de lecture pour tous.
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Mais oui, nous sommes déjà en novembre… je vois que Les feuilles allemandes commencent bien pour toi, et je me réjouis de voir que Goran continue de « fréquenter » la blogosphère grâce à la mine d’or que représente son blog 🙂
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Oui, je tenais à commencer ce mois de novembre avec cet auteur que je découvrais par la même occasion et, quand j’ai vu que Goran avait chroniqué ce livre, je n’ai pas hésité !
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J’ai tellement aimé « le sentier dans la montagne » récemment que je m’empresse de noter celui-ci. Je vais voir si je peux me le procurer rapidement pour « les feuilles allemandes ».
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Très bonne idée ! Je ne connais pas « Le sentier dans la montagne », mais le titre est déjà assez évocateur. De mon côté, j’ai acheté également récemment « Les cartons de mon arrière-grand-père » – disponible en poche chez Cambourakis (rien que la couverture donne envie de le lire !)
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Merci beaucoup pour les liens. Goran me manque également, merci d’avoir parlé de lui ici. Bon dimanche à vous deux
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Merci à toi pour ce commentaire. J’étais heureux de pouvoir partager le lien vers sa chronique, c’est une façon pour nous de penser à lui.
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Je n’ai pas eu la chance de connaître Goran mais je vois qu’il a beaucoup apporté aux blogueurs. Sinon, je note que les Feuilles allemandes continuent… (je ne sais pas pourquoi, j’étais persuadée que le challenge était suspendu cette année).
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Merci pour ton commentaire. En effet, nous étions tous très liés à Goran. C’est avec lui que nous organisions « Le mois de l’Europe de l’Est » et c’est lui qui est à l’origine du logo des « Feuille Allemandes » aussi, et nous avions toujours plaisir à lire ses chroniques et échanger sur des livres.
Rassure-toi, « Les feuilles allemandes » sont bien là 🙂
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Je me disais que ce nom m’était familier, c’est grâce au billet d’Aifelle sur Le sentier dans la montagne que je l’ai entendu pour la première fois ! Cet auteur semble vraiment à redécouvrir.
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Après cette première lecture, je ne peux qu’acquiescer. Je pense que l’on va pouvoir bientôt lire quelques chroniques sur Stifter dans la blogosphère !
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Réservé à la médiathèque (Phébus, 1978, 202 pages) 🙂
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Le billet d’Adrienne m’a entraînée ici, je me demandais s’il y avait une raison à ce nouveau titre – sans doute plus proche de l’allemand, mais je préfère le premier, peut-être parce que je l’ai lu et aimé sous ce titre.
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Je corrige : le billet d’Aifelle !
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