
S’appuyant sur une course cycliste réelle, la Transcontinentale, compétition en autonomie de longue distance (3.000 à 4.000 kilomètres), Lola Nicolle imagine dans Le Grand Horizon le parcours d’un des participants, Vincent. Ce dernier prend part à l’édition 2019, partant de Bourgas en Bulgarie pour rejoindre Brest en France.
Sous sa peau se glisse une masse d’électricité. Il ne contrôle plus rien, ne sait ce que le fait encore avancer. Bientôt, il nage dans un grand bain de nuit, d’eau, d’étoiles et de peur.
Plus de 250 coureurs sont réunis à Bourgas en ce samedi 27 juillet 2019 pour le départ de la Transcontinentale. Un départ qui signifie également un aboutissement pour Vincent : avoir été sélectionné pour cette course âpre, en autonomie et aux règles strictes, et voir le résultat des longues heures de préparation.
Il étudiait les cartes, survolait virtuellement les paysages, calculait les dénivelés, réfugié dans la petite cabine-bureau en bois aggloméré qu’il a érigée au fond du garage pour être tranquille, c’était comme évoluer dans les livres dont vous êtes le héros, allant d’un choix à l’autre, butant sur tout, doutant parfois. Passer le col ou contourner la montagne ? Prendre la nationale possiblement dangereuse ou ce chemin sinueux, mais certainement plus calme ? Il faut aussi faire attention au nombre de kilomètres séparant les lieux repérés de ceux d’un éventuel ravitaillement – il ne pense pas à des restaurants, mais à ce qu’il y a de plus rapide, une boulangerie ou une station-service.
Avec son vélo, un Génésis Equilibrium, Vincent parcourt ainsi les routes, chemins de la Bulgarie, de la Serbie, de la Croatie… Les nuits sont courtes, le plus souvent à la belle étoile, les repas sont faits sur le pouce ; dans un état second, Vincent est tout entier concentré sur sa course, même s’il sait que de nombreux participants sont loin devant lui, comme le dossard 66, une jeune femme qui survole l’épreuve (l’édition 2019 est en effet remportée par l’Allemande Fiona Kolbinger, meilleur temps toutes catégories).
A l’image des paysages qui défilent devant Vincent, on est happé en tant que lecteur par ce récit qui, certes, parle de cyclisme, mais de bien plus : de la vie et de son sens, de l’amitié, de la famille, des souffrances physiques. Les chapitres alternent entre la course elle-même et l’évocation des amis, par exemple Pauline, une amie d’enfance perdue de vue qui se met à le suivre sur Internet pendant sa course. Au-delà du contenu du livre, c’est le style poétique et évocateur qui en fait une très belle expérience de lecture.
Alors il faut bien que quelque chose commence, prenne le relais, singe de nouveau la vie, quelque chose qui ferait croire qu’il reste du tissu pour se tailler un vêtement en forme d’existence même si l’étoffe est transparente et ne trompe que celui qui la porte.
En conclusion, une très belle découverte à conseiller à tous, amoureux ou pas du vélo !
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Le Grand Horizon, de Lola Nicolle. Phébus, 2025, 208 pages.
je pioche souvent dans les blogs des idées de cadeaux , je déteste le vélo, c’est fatigant quand la route monte, j’ai peur quand ça descend trop vite, et j’ai peur des voitures qui passent trop vite. Mais mon petit frère passe sa vie de loisir sur un vélo , en tandem quand son épouse est avec lui .
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ça me tente bien !
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et j’aime bien le vélo 😉
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J’aime bien le vélo sans en faire très souvent, et j’aime bien l’idée de suivre ce cycliste durant son périple…sacré défi que de traverser l’Europe et si je comprends bien chacun suivant son propre trajet? je regarderai si le livre est présent en bibli.
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Cela me dit bien, j’ai déjà lu un livre de cyclistes suivant le Danube d’Odessa à Vienne : Sur la route du Danube d’Emmanuel Ruben
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Ma bibliothèque ne l’a pas ; je peux toujours commencer par le livre mentionné par Miriam, dans ma PAL depuis un bon moment.
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