Christian Guay-Poliquin – Le Poids de la neige

Octroyons-nous aujourd’hui une petite pause dans les Feuilles Allemandes, en faisant un détour au Québec ! Madame lit nous invite en effet à lire en novembre le livre d’un(e) auteur(e) ayant remporté le prix littéraire du Gouverneur général du Canada. L’occasion pour moi de découvrir un livre abondamment critiqué sur la blogosphère, Le Poids de la neige, de Christian Guay-Poliquin.

La neige règne sans partage. Elle domine le paysage, elle écrase les montagnes. Les arbres s’inclinent, ploient vers le sol, courbent l’échine. Il n’y a que les grandes épinettes qui refusent de plier. Elles encaissent, droites et noires. Elles marquent la fin du village, le début de la forêt.

Ainsi débute le roman : dès les premières pages, la neige est l’un des principaux éléments du livre, non seulement parce qu’elle impose sa présence en bloquant les gens chez eux, mais aussi en rythmant le livre : les titres de chapitres, écrits en toutes lettres, correspondent en fait à l’épaisseur de la neige qui entoure le petit village où se déroule l’action.

Le narrateur, quant à lui, est un homme qui a eu un accident ; on le découvre dans une maison, à regarder depuis son lit vers la fenêtre. On ne saura jamais son nom. Une panne générale a eu lieu (a priori dans le pays) et une situation de chaos s’en est suivie ; après son accident, il a été rapatrié au village, ne devant son salut qu’au fait qu’il soit originaire du lieu (il est le fils du mécanicien qui vient juste de décéder). Incapable de se mouvoir, il a été placé chez Mathias, un homme arrivé récemment sur les lieux.

Très rapidement, des liens complexes se nouent entre les deux hommes, des liens de dépendance dans ce huis-clos que seule la fonte de la neige sera peut-être capable de rompre : si le blessé est complètement tributaire des soins prodigués par Mathias, ce dernier trouve en lui une sorte de confident, et comprend qu’il ne pourra s’enfuir des lieux que grâce à son aide.

Tu es mon obstacle, mon contretemps. Et mon billet de retour.

Bien que l’essentiel du récit tourne autour du quotidien pour tenter de survivre dans cet environnement hostile, et des relations variables entre les deux hommes, l’auteur réussit à placer le lecteur dans une ambiance très particulière, très prenante, et à nous faire ressentir les états d’âme des deux protagonistes.

Je vous conseille donc :

X d’acheter ce livre chez votre libraire

X ou de l’emprunter dans votre bibliothèque

de lire autre chose

Le Poids de la neige, de Christian Guay-Poliquin. Les Editions de l’Observatoire, 2018, 255 pages.

Cette lecture est réalisée à l’occasion du défi de Madame lit autour du prix littéraire du Gouverneur général du Canada, ainsi que du rendez-vous Québec en novembre organisé par Mon coin lecture.

17 réflexions sur “Christian Guay-Poliquin – Le Poids de la neige

  1. luocine 24 novembre 2020 / 11:36

    Pour une fois je trouve ton billet un peu court et je ne sais pas s’il me donne envie de lire ce livre à mon tour. Pourtant toutes,les expériences de confinement devraient m’intéresser, ou pas !

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    • Patrice 28 novembre 2020 / 20:45

      Je vais être donc un peu plus explicite dans cette réponse :-). Pour moi, il vaut vraiment le coup d’être lu. Je ne voulais pas trop en dévoiler non plus !

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  2. Marilyne 24 novembre 2020 / 15:21

    J’ai beaucoup aimé cette lecture, son atmosphère ( lu en janvier lors de la parution, l’ambiance y était :)). Le précédent de l’auteur, où apparaît le narrateur, est un road movie, il m’a nettement moins emballé.

    Aimé par 1 personne

    • Patrice 28 novembre 2020 / 20:47

      Je comprends tout à fait ce que tu veux dire, l’atmosphère est vraiment prenante. C’est un auteur jeune, je pense qu’il aura l’occasion de nous séduire avec d’autres titres.

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  3. Madame lit 24 novembre 2020 / 15:28

    J’adore la neige, le froid et avec ce roman, j’ai été charmée par les descriptions de la nature. Merci pour ta participation! 🙂

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    • Patrice 28 novembre 2020 / 20:48

      Oui, je le comprends ! Et merci à toi pour ce défi qui m’a permis de sortir de mes lectures habituelles 🙂

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    • Patrice 28 novembre 2020 / 20:48

      Je lis beaucoup de commentaires dans ce sens !

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  4. Ingannmic 25 novembre 2020 / 15:35

    Pas très original, mais oui, j’ai moi aussi été emportée par cette atmosphère à la fois ouatée et oppressante ! Malgré les bémols exprimés par plusieurs lectrices concernant le titre précédent, où on en apprend davantage sur le narrateur, je suis curieuse de le découvrir..

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    • Patrice 28 novembre 2020 / 20:49

      Je passerai mon tour sur le titre précédent, mais je suivrai ses futures publications.

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  5. Claude 25 novembre 2020 / 22:35

    J’ai acheté ce livre, mais non lu. Ta critique me donne envie de me plonger dans cette atmosphère .

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      • Claude 30 novembre 2020 / 17:40

        L’an prochain, à la même époque, où je n’aurai plus de lectures professionnelles à assurer !

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