Santa Montefiore – Le secret des Deverill

Avec le mois de juin assez chargé, la proposition de la masse critique de Babelio était la bienvenue. En effet, qu’y a-t-il de mieux que de plonger dans une saga bien distrayante, d’autant plus si celle-ci se déroule dans la belle Irlande ? Imaginé par Santa Montefiore, Le secret des Deverill nous emmène en 1910 avec des personnages évoluant autour d’un château irlandais.

Kitty Deverill, qui a tout juste 9 ans, est née avec une cuillère d’argent dans la bouche mais, sur le plan affectif, c’est tout simplement un désert, car elle a grandi ignorée par sa mère Maud. Cette dernière, ne s’intéressant qu’à elle-même et à ses trois autres enfants, confie sa fille à une gouvernante et isole les deux dans un ancien pavillon de chasse. Heureusement, Kitty peut compter sur la présence de sa grand-mère qui lui raconte les histoires, dont celle d’une malédiction jetée sur les Deverill, et de Bridie, fille de la cuisinière, qui devient sa meilleure amie.

Tout le livre se joue sur les nombreux contrastes, avant tout celui de personnages bons et mauvais. Avec Kitty, belle, intelligente, dotée du sens de la justice, et Bridie, sa fidèle amie, une variation de Cendrillon à l’irlandaise, on est (avouons-le !) content quand Maud ou Michael (un des irlandais) montent sur scène pour rompre toute cette bonté. Puis il y a l’écart entre la vie dans le château et celle des domestiques qui doivent complètement s’effacer pour maintenir une fausse impression d’un quotidien où tout se déroule aisément sans efforts extérieurs. L’autrice s’attarde volontiers sur des questions pratiques du travail des domestiques, notamment des femmes de chambre, et c’est fort intéressant. Elle décrit merveilleusement bien la nature irlandaise, sans omettre ses points négatifs tels que l’humidité, le froid ou la moisissure, ce qui enlève le côté doré à la vie du châtelain. Il y a ensuite l’écart entre les Irlandais et les Anglais ; nombreux sont ceux qui soufflent sur les braises pour que, finalement, une lutte pour l’indépendance se mette en place, ayant pour cible le château et ses habitants. Le lecteur suit ainsi le conflit sur le terrain, loin de la haute politique, les actions de l’IRA et les agissements dans la clandestinité.

J’ai passé un excellent moment avec ce livre sans voir les 500 pages passer et je dois admettre que c’est une lecture bien divertissante. Santa Montefiore n’a pas oublié un seul ingrédient nécessaire pour concocter une bonne saga : une histoire d’amour, un fond historique intéressant (la Première Guerre Mondiale et la guerre d’indépendance irlandaise, tout cela agrémenté avec une escale en Amérique), de vieilles rancunes et quelques personnalités sombres et même une poignée de fantômes dont j’ai accepté la présence malgré mon côté pragmatique. Une fois le livre refermé, l’autrice ne nous abandonne pas, mais promet deux autres tomes, dont le deuxième sortira en automne, toute la trilogie portant le nom « Filles d’Irlande ». Je m’en réjouis !

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Le secret des Deverill, de Santa Montefiore. Traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Dominique Haas et Stéphanie Leigniel. Verso, 2024. 512 pages.

Ma participation au défi Les pavés de l’été 2024 chez Sibylline.

10 réflexions sur “Santa Montefiore – Le secret des Deverill

  1. Avatar de Sacha Sacha 8 juillet 2024 / 07:16

    J’avoue avoir du mal à résister aux charmes de l’Irlande (pas la moisissure, hein, plutôt les silhouettes de vieux château au bord d’une falaise…) et son Histoire m’intéresse beaucoup. Je comprends donc très bien que tu aies été embarquée par ce roman qui semble cocher toutes les cases d’une bonne lecture estivale !

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    • Avatar de Eva Eva 8 juillet 2024 / 13:57

      Une bonne lecture estivale, c’est tout à fait ça, idéale après la lecture de Stasiland ou d’un essai sur le Rwanda par exemple pour alléger l’esprit 🙂 C’est un livre bien plus romanesque qu’historique, mais comme je le mentionnais, sa lecture est tombée à pic au mois de juin et a bien rempli sa fonction 🙂

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      • Avatar de Sacha Sacha 8 juillet 2024 / 16:05

        Eh eh, en effet, je n’ai pas eu que des lectures légères ces temps-ci. Mais il y a quand même eu le tome 2 des enquêtes d’Armand Gamache que j’ai lu entre deux sans le chroniquer. L’effet « cosy québécois » a parfaitement fonctionné, tout comme l’effet irlandais sur toi.

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      • Avatar de Eva Eva 23 juillet 2024 / 15:21

        Ca fait toujours plaisir de rendre visite à Armand Gamache !

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      • Avatar de Sacha Sacha 24 juillet 2024 / 16:52

        Oh que oui, j’ai hâte d’entamer le prochain tome.

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  2. Avatar de luocine luocine 8 juillet 2024 / 10:40

    j’ai eu quelques déceptions à propos de la littérature irlandaise alors je me méfie un peu.

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    • Avatar de Eva Eva 8 juillet 2024 / 13:57

      Je ne te recommanderais pas ce livre à cause de son côté romanesque, je pense que ça lui enlèverait quelques coquillages dans sa note finale 🙂 Personnellement, j’avais besoin d’une lecture distrayante et j’étais très bien servie.

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  3. Avatar de Miriam Panigel Miriam Panigel 9 juillet 2024 / 16:40

    La PAL est bien pleine, mais pourquoi pas emprunter celui-ci si je le croise à la Médiathèque (c’est ce que tu recommandes?)

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    • Avatar de Eva Eva 23 juillet 2024 / 15:20

      C’est un livre qui se lit vraiment bien et le côté romanesque ne m’a pas trop gênée, je pense que je l’ai lu au bon moment 🙂

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