Sarah Haywood – Le Cactus

Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais en été, j’ai souvent envie de lectures où je peux tourner les pages avec légèreté, sans prise de tête. Mis à part de bons policiers, mon choix se porte parfois sur des romans contemporains plutôt drôles, avec une histoire pas vraiment compliquée. C’est le cas de ce premier roman de l’auteure britannique Sarah Haywood, Le Cactus, dont je voudrais vous parler aujourd’hui.

Le livre pourrait peut-être s’appeler la tortue, la coquille ou le hérisson… Mais je suis finalement contente que Sarah Haywood ait choisi le cactus ; je n’ai ainsi pas eu trop de difficultés pour mettre en scène la photo ! Le cactus a en effet toute une signification ici, il est à l’image de l’héroïne principale, Susan Green : elle est inaccessible, renfermée, habituée à se débrouiller seule, repoussant les autres. Toute sa vie est organisée, pas de place pour la spontanéité. Avec Richard, elle a développé une relation bien particulière – des rendez-vous à des jours précis pour se satisfaire mutuellement au niveau culturel et sexuel sans pour autant s’engager. Susan est quelqu’un de très raisonnable, se laisse guider par son sens du devoir, que se soit avec Richard, dans son travail ou dans la gestion de ses finances ou sa garde-robe.

Elle est à l’opposé de son frère Edward, un paresseux qui préfère boire un coup avec ses copains que de chercher un travail. C’est lui qui va annoncer à Susan le décès de leur mère. Voilà le moment où la vie de Susan bascule : à 45 ans, elle se retrouve enceinte et se rend compte en même temps que sa mère a fait don de la maison à Edward. Avec son sens de l’organisation, Susan se mettra systématiquement au travail pour résoudre ces deux petits problèmes qui viennent la secouer. Pas question de sortir de sa trajectoire bien droite et prévisible, tout se gère, même un bébé ou des embrouilles familiales !

L’histoire et le dénouement restent prévisibles, mais le charme du livre réside dans le comportement de Susan et le regard qu’elle pose sur les autres, dans les personnages hauts en couleur (valable au sens figuré mais aussi au sens propre pour la tante Sylvia). Malgré son côté frais, léger, le livre touche quelques sujets graves, mais j’ai été incapable de suivre cette veine sérieuse, préférant de loin les petites anecdotes ou situations comiques, l’humour anglais.

Dans l’après-midi, Tom – rivalisant avec Lydia pour le titre du collègue le plus agaçant de la journée – se faufila jusqu’à mon bureau. Je tentai de l’ignorer mais il semblait déterminé à attendre planté là que je m’intéresse à lui.

« J’organise une tournée des bars pour une association caritative le mois prochain et je me demandais si tu voudrais me parrainer, dit-il. je peux t’envoyer le lien par e-mail vers la collecte de fonds, puisque tu ne comptes pas rejoindre de sitôt le vingt et unième siècle.

– Quelle association caritative ? demandai-je en lâchant mon stylo.

– J’ai pas encore décidé. Je sais juste qu’il faut que je donne un sens à ma vie. Pour les pandas, par exemple – j’adore les pandas – , ou pour enrayer le réchauffement climatique parce que ce truc me préoccupe vraiment en ce moment. Mais il y a tellement de bonnes causes, je ne sais par où commencer !  » Il prit un air exagérément triste.

« Il paraît que l’association AVC fait du très bon travail « , dis-je. Mes yeux se remirent à piquer.

« Peut-être, mais c’est pas très sexy. De toute façon, je crois que mon pote s’est rasé la barbe pour les victimes d’AVC l’an dernier. Je veux faire quelque chose de différent. »

A emporter donc sur la plage ou pour un voyage dans un train bondé pour une lecture reposante.

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lire autre chose

La Cactus, de Sarah Haywood. Traduit de l’anglais par Jessica Shapiro. Denoël, 2018, 448 pages.

3 réflexions sur “Sarah Haywood – Le Cactus

  1. mjo 15 juillet 2018 / 09:57

    sympatoche, et l’extrait que tu as choisi donne bien le ton, mais je ne sais pas si je tiendrai 448 pages…

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  2. Madame lit 15 juillet 2018 / 19:56

    J’essaye aussi l’été de lire des bouquins pas trop compliqués… au ton plus léger.

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  3. Violette 21 juillet 2018 / 14:41

    je suis comme toi pour ces envies de lecture estivales mais je n’aime pas les feel good alors je reste méfiante…

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