Eric Berg – La maison des brouillards

Berg

Si l’envie vous taraude de reprendre contact via Facebook avec d’anciens camarades perdus de vue, peut-être feriez-vous mieux de lire au préalable ce livre! Dans La maison des brouillards d’Eric Berg, Philip, Timo, Leonie et Yasmin conviennent de se donner rendez-vous sur l’île d’Hiddensee pour des retrouvailles. Mais le week-end s’achève par « la nuit sanglante d’Hiddensee », comme l’évoquent les journaux : 3 morts et une personne dans le coma (l’assassin présumé). Deux ans plus tard, une journaliste berlinoise, Doro Kagel, doit rédiger un article évoquant l’affaire et se lance dans des recherches qui révèlent de nombreux secrets…

L’idée de lire ce titre m’est venue après avoir découvert et apprécié un autre livre de l’auteur, Eric Berg, La mémoire des morts, que j’avais chroniqué en décembre 2017. « La maison des brouillards » est le premier roman policier écrit par Berg et avait reçu un bon accueil à sa sortie ; lu ici en allemand, il est également disponible en français en version brochée chez Slatkine. L’action se passe sur une île, avec une double-narration : le récit du week-end meurtrier en septembre 2010 et l’enquête de Doro Kagel deux années plus tard.

L’une des réussites du livre réside dans la galerie de personnages rassemblée. Si les combats pour une société plus juste et l’écologie avait cimenté le groupe, force est de constater que l’itinéraire pris par chacun les a éloignés de cette époque. Timo s’est lancé dans l’écriture, mais ses livres se vendent peu ; Léonie s’occupe d’un jardin d’enfants, mais semble torturée intérieurement :

Pistolet, antalgique, allumettes, Lexotanil. Pour la énième fois de la matinée, Leonie vérifia si elle avait bien tout mis la veille dans son sac à main. Jusqu’à la dernière minute, elle s’accrocha à ce rituel quotidien, parce qu’elle aurait préféré rester assise devant la table de sa cuisine et ne pas partir pour Hiddensee.

Quant à Yasmin, elle a coupé les ponts avec sa famille et s’adonne à des activités ésotériques, vivant à moitié dans la rue. Enfin, Philip est devenu un architecte reconnu et affiche de façon ostentatoire sa réussite professionnelle, sa belle maison, Vev, son épouse séduisante et sa petite fille Clarissa. C’est d’ailleurs lui qui reçoit les anciens amis à Hiddensee.

Rapidement, on se rend compte que les dissensions existent dans le groupe et que ce week-end ne sera pas si paisible qu’escompté. La montée en tension est très bien rendue par l’auteur.

Le deuxième fil narratif s’intéresse à Doro et sa rencontre avec quelques protagonistes ayant vécu sur l’île et pour certains survécus au massacre. De façon assez malicieuse, on n’apprend que progressivement l’identité de ceux qui ont été tués et de ceux qui ont survécu.

Au final, je ne dirais pas que ce fut une lecture « coup de foudre » ; comme pour La mémoires des morts, l’ensemble fonctionne bien, et jusqu’à la dernière minute, on ne se doute pas du réel meurtrier. Une lecture agréable pour les vacances en résumé, que je vous conseille :

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lisez autre chose

Version allemande : Das Nebelhaus, d’Eric Berg. Blanvalet, 2014, 410 pages

Version française : La maison des brouillards, traduit de l’allemand par Catherine Barret. Slatkine & Cie, 2017, 420 pages.

Cette lecture s’inscrit dans le cadre du défi littéraire d’août de Madame lit, consacré à la littérature allemande, ainsi que du challenge Voisins Voisines 2018.

voisinsvoisines2_2018

8 réflexions sur “Eric Berg – La maison des brouillards

  1. aleslire 26 août 2018 / 11:07

    Bon, je suis tentée par les fils narratifs quand même, et par la découverte de cet auteur allemand (je dois avouer que j’en lis très peu …). Je note donc plutôt le premier titre, La mémoire des morts.

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    • Patrice 1 septembre 2018 / 20:20

      Bonne lecture par avance. En ce qui concerne les auteurs de romans policiers allemands, il y en a vraiment pléthore (la demande est là dans ce pays).

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  2. lilly 27 août 2018 / 12:31

    Il me tente depuis sa sortie, l’ambiance a l’air particulièrement réussie (ou alors c’est la couverture qui m’induit en erreur).

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    • Patrice 1 septembre 2018 / 20:19

      Alors franchis le pas 🙂

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  3. Claudine Frey 11 septembre 2018 / 14:21

    Une sorte de dix petits nègres ? Il me tente bien ce livre !

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    • Patrice 21 septembre 2018 / 15:44

      Je préfère de loin Les dix petits nègres quand même !

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