Arundhati Roy – Le Dieu des Petits Riens

Ca y est ! Notre week-end dédié à la littérature indienne est enfin arrivé et c’est avec un livre majeur de ces dernières décennies, Le Dieu des Petits Riens, écrit par Arundhati Roy, que je vous propose de l’inaugurer. Un livre fort sur les blessures de la vie, couronné par le Booker Prize, et qui valut à son auteure un grand succès à sa sortie en 1997.

Rachel et Estha Kochamma sont deux faux-jumeaux qui se retrouvent dans leur maison d’enfance, à Ayemenem dans le Kerala (sud de l’Inde) après une longue séparation. De la maison naguère si vivante ne subsiste que peu de choses : leur grand-tante Baby Kochamma, qui ne porte pas les jumeaux dans son coeur, passe son temps devant la télévision en compagnie de la cuisinière. On apprend rapidement que la mère des jumeaux, Ammu, est décédée, et qu’un grand malheur a frappé cette famille alors que les enfants n’avaient que 8 ans et qu’ils allaient accueillir pour les vacances leur cousine Sophie Mol, en provenance d’Angleterre.

Il n’est pas toujours aisé de rentrer dans ce livre : le passé alterne avec le présent, les personnages s’enchaînent rapidement, et de plus, l’auteure use (et abuse) de points qui gagneraient à être remplacés par des virgules. Cela coupe peut-être le rythme, mais force est de constater que les phrases assez courtes et précises sont tranchantes. Voilà, comment, en quelques mots, elle nous dépeint le destin de la mère des jumeaux :

Dans la Plymouth, Ammu était assise devant, à côté de Chacko. Elle avait vingt-sept ans et savait, au fond d’elle-même, que sa vie était derrière elle. Elle avait eu sa chance. L’avait laissé passer en se trompant d’homme. (…)

Ammu mourut dans une chambre d’hôtel sordide à Allepey, où elle était allée passer un entretien pour un emploi de secrétaire. Seule. Avec pour toute compagnie le bruit d’un ventilateur. Sans Estha contre elle pour lui parler. Elle avait trente et un ans. Ni jeune, ni vieille. Un âge pour vivre ; pour mourir, aussi.

Ainsi doté d’une écriture typée, ce roman dévoile progressivement le drame qui a séparé la famille. A la naïveté de l’enfance, la force de l’amour maternel, s’ajoutent des descriptions de contexte politique, culturel et une critique sous-jacente du système des castes. Une grande richesse de thèmes qui fait que cette lecture est vivement à conseiller :

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Le Dieu des petits riens, de Arundhati Roy, traduit de l’anglais par Claude Demanuelli. Folio, 1998. 386 pages.

26 réflexions sur “Arundhati Roy – Le Dieu des Petits Riens

    • Patrice 6 septembre 2020 / 13:53

      Avec plaisir ! et à bientôt sur ton blog (j’ai du retard en ce moment…)

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      • Goran 6 septembre 2020 / 14:19

        Hehe bon courage…

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  1. Marilyne 4 septembre 2020 / 08:35

    Recommandation confirmée par ce billet. Je vous rejoins en littérature indienne dimanche.

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    • Patrice 6 septembre 2020 / 13:54

      Merci ! Au plaisir de te lire.

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  2. Sunalee 4 septembre 2020 / 14:11

    Je viens de publier mon billet sur un autre roman du même auteur, mais je n’ai vraiment pas aimé. Et donc je pense que je ne lirai pas celui-ci.

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    • Sunalee 4 septembre 2020 / 15:14

      ce n’est donc pas le même auteur, je n’ai pas bien lu, ou j’ai été dyslexique 😉 (merci Ingannmic de me l’avoir signalé)

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      • Patrice 6 septembre 2020 / 13:55

        Il me reste à aller lire ta chronique, merci !

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  3. Ingannmic 4 septembre 2020 / 14:51

    Je ne m’en souviens pas, mais je sais que j’avais aimé… j’ai tenté de lire pour ce week-end Le Ministère du Bonheur Suprême, du même auteur, mais j’ai jeté l’éponge après 100 pages. Mais je participerai tout de même, avec un autre titre du coup !

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    • Patrice 6 septembre 2020 / 13:57

      Cela aura été pour moi une agréable découverte. Dommage donc pour Le Ministère du Bonheur Suprême, mais je ne doute pas que tu auras déniché un autre bon titre !

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  4. Livr'escapades 4 septembre 2020 / 17:39

    J’ai au moins deux romans indiens dans ma pal dont notamment « L’équilibre du monde » de Rohinton Mistry qui me fait de l’oeil depuis un moment mais vu l’épaisseur de l’animal (près de 900 pages quand-même), il aurait fallu que je m’organise avant! Mais je viens de voir que l’auteur est canadien d’origine indienne, du coup pas sûr qu’il puisse être retenu… Je participerai avec plaisir l’année prochaine!
    PS. Contente de vous lire à nouveau 😊

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    • Patrice 6 septembre 2020 / 14:03

      Merci pour le commentaire. On est heureux de publier à nouveau même si nous n’avons pas encore trouvé le temps d’aller voir ce qu’il y a de neuf sur les autres blogs. J’ai hésité à chroniquer Mistry, je pense qu’il rentrait bien dans la catégorie, mais les 900 pages m’ont également fait peur ! Et pour l’année prochaine, malheureusement, on ne réitérera pas ce week-end : on a l’a fait « en compensation » de l’annulation du Salon du Livre Paris, où l’Inde était le pays invité. On voulait donc en profiter pour mettre en avant la littérature indienne. Mais cela ne t’empêche pas de t’immerge dans cette littérature ; à titre personnelle, j’ai fait de vraies belles découvertes durant ce week-end et c’est une incitation à en découvrir plus !

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  5. Passage à l'Est! 4 septembre 2020 / 18:31

    J’ai adoré ce roman, et il faut lire « adoré » comme si je l’avais écrit en majuscules, en gras, surligné et souligné. J’ai trouvé la technique d’écriture incroyable, de même que les personnages et tous les fragments d’histoire entremêlés. D’ailleurs, il faudrait que je le relise.

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    • Patrice 6 septembre 2020 / 14:04

      Merci pour ce commentaire loin d’être tiède :-). Mon degré d’enthousiasme ne rejoint pas complètement le tien, mais je comprends tout à fait ton commentaire !

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  6. dominiqueivredelivres 5 septembre 2020 / 09:06

    une auteure qui depuis ce roman a fait son chemin
    j’ai lu ce livre avec passion bien avant d’avoir un blog, il fait partie de ces livres que l’on a vraiment envie de faire connaitre merci à toi de le remettre en avant

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    • Patrice 6 septembre 2020 / 14:05

      Très belle découverte pour moi aussi en tout cas ! Je vois qu’il y a des enthousiastes de ce livre quand je lis les commentaires 🙂

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  7. Lilly 5 septembre 2020 / 12:13

    Je ne savais pas de quoi il retournait, ça a l’air de correspondre à ce que j’aime. L’occasion de découvrir la littérature indienne. En plus, Dominique approuve !

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    • Patrice 6 septembre 2020 / 14:06

      Que de bonnes raisons en effet !

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    • Patrice 6 septembre 2020 / 14:07

      Merci beaucoup de ta participation ! Je vais aller lire ton billet

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    • Patrice 6 septembre 2020 / 14:08

      Merci d’avance, tu es une experte de la littérature indienne de toutes façons !

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  8. Karine:) 6 septembre 2020 / 15:50

    Sérieux, je pense que je l’ai dans ma pile. Il y en a des choses, dans cette fameuse pile. Merci pour la piqûre de rappel.

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    • Patrice 6 septembre 2020 / 19:27

      Avec plaisir ! J’espère qu’elle n’était pas trop douloureuse 🙂

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