Marc Voltenauer – Les protégés de Sainte Kinga

Les mines de Bex sont des mines de sel situées au sud-est du lac Léman, en Suisse. Vous pouvez d’ailleurs les visiter, mais je pense qu’il faut s’armer d’un peu plus de patience qu’à l’ordinaire pour y accéder en ce moment, car Marc Voltenauer, auteur de romans policiers à la popularité grandissante, vient d’y situer l’intrigue de son dernier ouvrage, Les protégés de Sainte Kinga. J’ai même vu qu’une visite thématique était animée sur place par l’auteur lui-même… Si le lieu a l’air d’ordinaire paisible, ce n’est guère le cas dans son livre, puisqu’il sert de cadre à une prise d’otages.

Marc Voltenauer s’est fait connaître en 2015 par Le dragon du Muveran, son premier roman policier qui mettait en scène un homme retrouvé mort avec une Bible plantée dans le coeur, et qui a eu un très grand succès en Suisse. Il y créait le personnage de l’inspecteur Andreas Auer, qui est appelé ici en urgence aux mines de Bex en raison d’une prise d’otage.

Comme dans de nombreux ouvrages contemporains, on suit simultanément plusieurs fils de narration : le premier se déroule en 1826, lorsqu’Aaron Salzberg arrive à Bex, en provenance de Pologne, pour travailler dans la mine de sel ; le second a trait à la prise d’otage se déroulant de nos jours et dont les motivations ne sont pas seulement d’ordre financier ; et c’est là que les deux histoires se recoupent. Une part importante est également représentée par le lieu lui-même :

Les Mines de sel de Bex étaient les dernières du genre encore en activité en Suisse. Le directeur du site touristique aimait aller s’y promener de temps en temps le matin, avant l’arrivée visiteurs, pour profiter du calme qui y régnait. Il ne se lassait pas de cet environnement unique chargé d’une histoire de plusieurs siècles dont le rayonnement dépassait les frontières du pays, notamment en raison de l’invention de l’ingénieur mécanicien Antoine-Paul Piccard. En 1877, au Bévieux, il mit au point le salinage par thermocompression, une méthode encore utilisée aujourd’hui dans de nombreuses salines à travers le monde.

Un homme, déguisé en Charlot, retient dans la mine quelques salariés, un groupe de personnes ayant loué une des salles (et dont on apprend rapidement qu’ils appartiennent à un groupuscule d’extrême droite), mais surtout des élèves accompagnées par leurs maîtresse pour y visiter les mines. Si le déguisement du ravisseur prête à sourire, on se rend vite compte que ses motivations sont claires et qu’il ne plaisante pas quand un wagon sort de la galerie souterraine, avec un homme attaché à son bord qui s’embrase devant les forces de l’ordre médusées. C’est une course contre la montre qui se met en place et qui durera plus de 54 heures.

Petit à petit, les enquêteurs vont identifier le preneur d’otage, ses motifs, son histoire, ce qui n’est pas sans éveiller une certaine sympathie auprès du lecteur. Marc Voltenauer en profite pour passer des messages forts contre l’homophobie et les résurgences du nazisme.

J’ai lu ce livre relativement vite, pris par l’histoire, tout en me doutant que le dénouement risquait de ne pas être heureux ; l’intrigue est bien « ficelée », même si je dois dire que je n’en garde pas un souvenir des plus forts. Un sentiment que je mets davantage sur le fait que je me suis éloigné ces derniers temps de ce genre de lecture, plutôt que sur l’ouvrage sur lui-même.

Je vous conseille donc :

X de l’acheter chez votre libraire si vous êtes un amateur du genre

X de l’emprunter dans votre bibliothèque

lire autre chose

Les protégés de Sainte Kinga, de Marc Voltenauer. Slatkine & Cie, 2020. 540 pages

7 réflexions sur “Marc Voltenauer – Les protégés de Sainte Kinga

  1. Livr'escapades 10 janvier 2021 / 13:35

    En allant en Valais cet été, on s’est arrêtés aux Mines mais n’ayant pas réservé, on n’a effectivement pas pu y entrer… Je l’ai dans ma pal celui-ci mais n’ai pas non plus lu le premier. Comme vous, la Bible dans le coeur m’intrigue 😄

    Aimé par 1 personne

    • Patrice 13 janvier 2021 / 21:54

      Les visiteurs potentiels n’ont donc pas eu peur d’une potentielle prise d’otages 🙂 ? Oui, il a fallu un sacré couteau pour traverser la Bible, ça ne m’avait pas interpellé jusqu’à présent !

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    • Patrice 13 janvier 2021 / 21:04

      Je peux comprendre mais dans son genre, il n’est pas mal du tout !

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