
Nous souhaitons à toutes et à tous une belle année 2025 en espérant que celle-ci soit synonyme de bonne santé, de paix et de sérénité.
Puisque nous partageons l’amour de la littérature, nous souhaitons également de belles découvertes littéraires, des histoires prenantes, qui nous feront rire, frissonner ou voyager et qu’on aura hâte de partager dans les clubs de lecture ou sur nos blogs respectifs.
En guise de clin d’oeil à ce roman tchèque en forme de boîte d’allumettes, que l’auteur nous invite à brûler si on n’en a pas aimé la lecture (ce qu’un critique littéraire n’a pas tardé à faire), on espère que l’envie de se saisir d’une allumette, une fois le livre refermé, ne nous prendra que rarement :)

Peut-être piocherez-vous quelques idées de lecture dans le 6ème numéro de notre gazette ? Vous y trouverez :
- Bilan de l’année 2024 avec nos TOP 4
- Entretien avec Tatiana Sirotchouk, fondatrice des Editions Bleu & Jaune (+ proposition d’une lecture commune)
- On lit donc on est – notre portrait à travers les titres lus en 2024
Bilan de l’année 2024
Notre année livresque a été particulièrement réussie, avec des titres variés, marquants, tantôt amusants, tantôt instructifs. Les abandons se sont faits rares. Avec Madame lit, nous avons co-organisé des Lectures de romans épistolaires et vécu avec vous un formidable novembre germanophone couronné par un bilan comptant pas moins de 96 billets. Nous avons contribué aux Bonnes nouvelles chez Je lis, je blogue, au Booktrip en mer chez Fanja, aux Lectures sur le monde ouvrier chez Ingrid, à la Rentrée à l’Est chez Sacha, au Mois africain chez Jostein, au Printemps des Artistes chez Marie-Anne, sans oublier Les Pavés de l’été chez Sibylline et Les épais de l’été chez Tadloiducine.
En guise de rétrospective, nous avons choisi chacun nos 4 TOP lectures de l’année – un exercice pas si évident !




TOP 4 de Eva :
- De pain et de lait de Karolina Ramqvist – l’histoire de trois générations de femmes à travers la cuisine, savoureuse, parfois un peu brûlée ou dure à avaler, mais jamais fade, qui réveille en chacun d’entre nous ses propres souvenirs d’enfance liés à la nourriture
- Les Semeuses de Diane Wilson – formidable roman allant de 1860 à nos jours qui nous transporte en Amérique et nous raconte le destin des familles indigènes tout en nous alarmant sur la rupture de nos liens avec la nature
- Parce que les fleurs sont blanches de Gerbrand Bakker – avec beaucoup d’empathie et une écriture minimaliste, l’auteur pose un regard tendre sur une famille frappée par un accident de la route
- Merle, merle, mûre de Tamta Mélachvili – portrait d’Eteri, femme à l’orée de la cinquantaine, revigorée par le fleuve Rioni dans lequel elle a failli se noyer. A travers ses pensées, l’autrice nous laisse entrevoir la Géorgie actuelle




TOP 4 de Patrice :
- La Colline-du-voleur de A. H. Tammsaare – premier tome d’une saga trop peu connue se déroulant au XIXème siècle en Estonie et nous racontant la vie de la société paysanne sur une terre rude
- La Guerre des salamandres de Karel Čapek – un classique dont les thèmes restent d’une grande actualité et un écrivain majeur qui était un fin observateur du monde qui l’environnait
- Lütten Klein de Steffen Mau – un portrait de l’Allemagne de l’Est mettant en évidence les fractures à l’oeuvre dans cette société
- Presque jamais autrement de Maria Matios – un voyage dépaysant dans les Carpates ukrainiennes servi par une très belle écriture et une construction originale et réussie
Entretien avec Tatiana Sirotchouk
Pour certain(e)s d’entre nous, c’est un vrai plaisir, notamment au moment des fêtes de fin d’année, de faire ses emplettes dans une épicerie fine où chaque produit, de qualité, cela va sans dire, est à sa place, où l’on travaille avec des fournisseurs que l’on connaît bien, où l’acte d’achat est aussi empreint de sens. Au moment de rencontrer Tatiana Sirotchouk, fondatrice des Éditons Bleu & Jaune, lors du Festival du livre de Colmar en novembre, cette analogie nous vient à l’esprit, tant chaque étape – du choix de l’auteur à l’impression du livre-, fait l’objet d’une grande attention dans cette jeune maison d’édition. Alors que près de 90% des livres étrangers traduits en français ne proviennent que de 5 langues – l’anglais se taillant la part du lion -, les Editions Bleu & Jaune, par l’intermédiaire de leur collection « Fiction Europe », font le pari de mettre en avant la littérature européenne des pays moins représentés.
Mme Sirotchouk, la collection « Fiction Europe » s’étoffe régulièrement et compte désormais 12 titres. Comment faites-vous ce choix ?
Nous avons beaucoup de sollicitations pour enrichir notre collection, qu’elles viennent des réseaux d’amis, de traducteurs, d’agents littéraires, de centres culturels des pays concernés ou encore des maisons d’éditions à l’étranger. Nous sommes également sensibles aux livres qui ont été déjà été récompensés, à l’image des lauréats du Prix de littérature européenne. Au final, pour un livre publié, de 5 à 10 titres sont écartés. Il est très important pour nous de choisir des auteurs que l’on pourra suivre en publiant d’autres titres à l’avenir : cette continuité est essentielle. La seule limite que nous nous imposons est la longueur du livre, nous ne sélectionnons pas les livres trop gros qui peuvent être un frein pour le lecteur.
Comment faites-vous connaître vos titres ?
C’est un véritable travail de fourmi ! Si l’on dit généralement que l’on a que trois semaines en librairie pour convaincre, nous misons sur le travail de fond avec les librairies, les réseaux sociaux ou encore depuis récemment notre agence de presse. Nous sommes conscients qu’il y a un travail pédagogique à faire autour de cette littérature européenne, et qu’il est important de continuer à parler des livres après leur parution. Récemment, le très bon démarrage du La rivière, de l’autrice lettone Laura Vinogradova, et le succès rencontré auprès des lecteurs français d’Hana, d’Alena Mornštajnová, nous montrent que nous sommes sur le bon chemin.
Vos livres ont une identité visuelle très marquée. Pourriez-vous nous en dire plus ?
Oui, nous avons fait le choix de jouer avec les ombres et les lumières. Nous souhaitons toujours mettre en lumière un détail, une métaphore. Dans le cas de la couverture du livre d’Artem Chapeye, Loin d’ici, près de nulle part, c’est l’oiseau qui est la métaphore de l’espoir d’une vie meilleure qu’ont les protagonistes du livre. Pour Maria Matios, la balançoire renvoie à un chapitre du livre. C’est là aussi un travail long, il faut trois mois pour créer une couverture ; l’idée initiale peut évoluer après la traduction. Le concepteur graphique, Sean Habig, propose de 3 à 5 croquis ; l’illustrateur est briefé, qui travaille sur les couleurs, puis c’est autour du photograveur et de l’imprimeur d’entrer en jeu.
La littérature ukrainienne joue également un rôle de premier plan. Dans quelle situation se trouve-t-elle ?
Selon les statistiques du SNE (Syndicat national de l’édition), 136 livres traduits du russe contre 6 de l’ukrainien ont été publiés en 2022, et, respectivement, 127 contre 7 en 2023, tous genres confondus. En regardant le catalogue de la BNF, on se rend compte qu’il y a peu de romans traduits en français. Il est essentiel pour nous de mettre en avant cette littérature, qui reste malgré la guerre très active, mais qui fait face à des difficultés pratiques comme par exemple, le fait que les imprimeries du pays sont à l’Est. Il faut trouver d’autres prestataires pour soutenir l’édition, trouver des éditeurs étrangers avec lesquels des partenariats peuvent être noués. Là encore, nous souhaitons avoir un travail de continuité comme cela est le cas avec Artem Chapeye et Maria Matios, dont nous prévoyons de publier d’autres titres. En 2025, nous publierons également deux recueils poétiques de soldats ukrainiens (dont l’un vient malheureusement d’être tué). Notre engagement est non seulement éditorial mais surtout humain.
Pourriez-vous nous donner quelques nouvelles d’Artem Chapeye et de Maria Matios ?
Artem Chapeye était venu pour la sortie de son livre en 2021 ; depuis 2022, sa vie a pris un autre tournant puisqu’il s’est engagé dans l’armée ukrainienne en tant que volontaire dès les premiers jours de la guerre. Il ne peut quitter son pays qu’une fois par an ; nous espérons le revoir bientôt pour nous parler de son nouveau livre « The Ukraine » (dont un extrait était disponible pour les lecteurs sur le stand).
Quant à Maria Matios, elle devait être avec nous aujourd’hui au Festival du livre de Colmar mais a annulé sa visite en raison des événements récents. Comme elle le signale dans une lettre à l’intention des lecteurs et publié sur le salon, sur nos réseaux sociaux ainsi qu’en partie, dans le journal L’Alsace, « ma conscience d’écrivaine et de citoyenne a finalement dit non au voyage ».
***
Nous remercions Tatiana Sirotchouk pour cet entretien et l’énergie qu’elle met au quotidien pour promouvoir la littérature européenne. Afin de continuer à découvrir le travail de ces éditions, nous vous invitons à nous rejoindre pour une LECTURE COMMUNE le 21 mars 2025 autour d’un livre au choix de la collection Fiction Europe.
Vous pouvez retrouver sur notre blog les chroniques d’ouvrages suivantes :
- Hana, d’Alena Mornštajnová
- L’issue fatale des blessures d’athlétisme, de Milica Vučković
- De très modestes cadeaux, d’Uglješa Šajtinac
- Presque jamais autrement, de Maria Matios
- Il était une fois à Lošonc, de Peter Balko
- Loin d’ici, près de nulle part, d’Artem Chapeye
- La rivière, de Laura Vinogradova
On lit donc on est
Pour bien clore notre année, nous reprenons l’idée qui circule sur les blogs littéraires, celle d’un portrait de nous deux à travers les titres lus en 2024 :) (initiée par La bibliothèque de Noukette)
Décrivez-vous : Femme bleue & L’homme qui apporte le bonheur
Comment vous sentez vous ? Tout va bien
Décrivez où vous vivez actuellement : Highlands
Si vous pouviez aller où vous voulez, quelle serait votre destination ? Voyages au bout de l’Europe
Votre moyen de transport préféré ? Routiers
Votre meilleur(e) ami(e) est Une femme en contre-jour
Vous et vos amis vous êtes Contre la haine
Comment est le temps ? Clair de lune
Quel est votre moment préféré de la journée ? Les débuts
Qu’est la vie pour vous ? La rivière
Votre peur ? La Guerre des salamandres
Quel est le conseil que vous avez à donner ? Cette corde qui m’attache à la terre
La pensée du jour : Etre ici est une splendeur
Comment aimeriez-vous mourir ? A l’ombre de la mort
Les conditions actuelles de votre âme ? Perspective(s)
Votre rêve ? De très modestes cadeaux
Merci de nous avoir lus.

Bonne année à vous et bonnes lectures. La guerre des salamandres fait aussi partie de mes meilleurs de l’année.
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Merci pour les nombreuses inspirations, même si je ne lis pas beaucoup européen. Bonne année !
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et je vais tenter d’être présente pour la LC du 21 mars avec La rivière.
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Bonne lecture par avance ! De notre côté, on a bien noté les deux dates pour les lectures asiatiques :)
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merci pr ce joli bilan!
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Bonne année à vous deux et merci pour cette gazette dont j’ai lu tous les numéros avec grand plaisir. J’ai hâte de partager de nouvelles lectures avec vous en 2025.
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Formidable, je vérifie que j’ai noté certains livres !
Merci pour l’entretien très intéressant et bonne année à tous les deux !
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Brûler un livre… C’est radical :)
Bonne année!
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Un peu, oui :)
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Bonne et heureuse année à vous deux !
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Bonne année de lectures variées
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Très belle année à vous deux ! Sûr que je vais continuer à explorer ces éditions Bleu et jaune, après avoir lu La guitare de palissandre et Hana..
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N’hésite pas à te joindre à nous pour la lecture commune !
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Ca risque d’être compliqué, j’ai déjà des LC prévues les 20 et 23 mars.. mais je lirai vos billets avec intérêt, ils me permettront de faire un choix parmi les titres de la collection !
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Chouette gazette pour clôturer l’année 2024 ! Il faudrait que j’explore un peu le catalogue des éditions Bleu et jaune cette année. J’avais déjà repéré des recommandations ici et là, mais je n’ai pas encore eu l’occasion d’en lire.
Très belle année à vous deux, au moins aussi riche en plaisirs livresques.:)
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Merci Fanja. J’espère que tu auras l’occasion de te joindre à nous pour la lecture commune des éditions Bleu et Jaune :)
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Excellente année à vous ! Je suis évidemment ravie de retrouver Parce que les fleurs sont blanches et La guerre des salamandres dans vos bilans respectifs ❤️. Et vos autres coups de coeur figurent dans mes listes. Vous êtes de terribles tentateurs! Votre idée de LC autour des Éditions bleu&jaune n’en est pas moins excellente (et merci pour cette belle interview). La difficulté sera de faire un choix parmi tous ces romans extrêmement tentants. Je n’ai lu que De très modestes cadeaux pour l’instant, mais les autres titres sont notés chez moi depuis plus ou moins longtemps et ce sera l’occasion d’en biffer au moins un.
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Merci Sacha :) Pour la lecture commune, ce serait peut-être l’occasion de lire Hana ? (La Tchéquie a un lobby fort par ici !) Si tout va bien, Patrice devrait se joindre à toi pour la lecture de Jiri Weil (il sort en poche cette semaine).
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Hihi, j’ai bien pensé à Hana mais après Jiri Weil (chouette si Patrice s’associe à cette LC), j’ai envie d’un autre sujet car j’avoue que c’est un peu la déprime😞. Ce sera donc La guitare de palissandre pour ma part, mais je garde Hana bien en tête. Et concernant la Tchéquie, je ne perds pas de vue le projet d’une LC Capek 😉!
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j’aime beaucoup cette chronique comme toutes les autres du même genre
Continuez c’est toujours un bonheur de vous lire
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Un grand merci, Dominique.
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Merci pour cette gazette. Ravie de retrouver Être ici est une splendeur, un billet que j’avais manqué sur ce livre coup de coeur pour moi. Bonnes découvertes en cette nouvelle année !
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C’est un petit livre très fort !
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Merci pour cette nouvelle gazette et très bonne année 2025 à vous deux aussi. L’entretien est très intéressant, il ne faut pas que je perde de vue « la rivière », il y a tant de tentations à nouveau en ce début d’année.
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Merci Aifelle ! On fera encore le point pour la lecture commune des éditions Bleu et Jaune, mais La rivière est un excellent choix :)
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Très belle gazette et un bien beau portrait de vous deux :)
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