
Historienne allemande reconnue ayant écrit une biographie remarquée de Marie-Thérèse d’Autriche, Barbara Stollberg-Rillinger est une spécialiste du Saint Empire, construction complexe à laquelle elle consacre un livre récemment traduit en français, Le Saint Empire romain germanique.
La lecture il y a quelques années d’une Histoire de l’Allemagne d’Henri Bogdan m’avait fait prendre conscience de la complexité de l’histoire de ce pays, devenu sur le tard un Etat-nation sous l’impulsion de la Prusse en lutte avec l’Autriche. Le fait religieux, l’absence d’un exécutif centralisé, l’extrême morcellement des territoires réunis sous l’appellation de Saint Empire, interpellent le lecteur francophone par leur différence avec l’histoire de France.
Sur environ 170 pages, Barbara Stollberg-Rilinger nous offre une synthèse sur ce que fut le Saint Empire romain germanique, quels furent ses caractéristiques, son évolution, les tentatives de réforme, et les épisodes majeurs qu’il dut traverser, notamment la Réforme et la Guerre de Trente Ans.
Jusqu’à sa chute, cet empire ne fut pas un Etat territorial, mais une fédération de personnes, un système hiérarchique complexe d’individus et de corporations, au sommet duquel se tenait l’Empereur, qui donnait à l’ensemble une unité et une légitimité essentiellement symboliques.
Cette fédération, basée sur la tradition et la fidélité réciproque, associait ainsi des membres très hétérogènes sous l’autorité relative de l’Empereur dans un souci de préservation de la paix et du droit, une ambition d’autant plus forte après la Guerre de Trente Ans et la signature des Traités de Westphalie (1648). Néanmoins, cette structure souffrit du développement majeur de certains grands Etats et de leur développement étatique au détriment de l’unité de l’ensemble, ce qui conduisit à la fin de l’Empire en 1806, à la suite des guerres napoléoniennes.
Il faut saluer la capacité de l’autrice à savoir condenser en si peu de pages une histoire si complexe et de nous faire prendre conscience de l’originalité de la construction du Saint Empire et les facteurs qui conduisirent à sa disparition. Je conseille ce livre à toute personne intéressée par l’histoire allemande, mais qui en aurait déjà des notions certaines ; en effet, malgré un propos très clair, la densité de l’ouvrage et la mention des aspects historiques et territoriaux nécessitent à mon sens un certain prérequis.
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Le Saint Empire romain germanique, de Barbara Stollberg-Rilinger, traduit de l’allemand par Denis Armand-Canal. Passés Composés, 2024, 190 pages

Ce livre a été lu dans le cadre des Feuilles allemandes.
190 pages, pas un pavé, donc, cela pourrait m’instruire et m’éclairer…
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Pas un pavé, en effet, mais la densité est là pour apprendre des choses !
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Il me semble que j’avais déjà noté ce livre lorsque je cherchais des essais historiques. Je garde ce genre de lecture pour la période estivale quand j’ai du temps.
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Bonne idée, il est assez dense et c’est pertinent d’aller chercher des informations complémentaires sur certains événements ou encore des cartes pour approfondir.
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je ne pense pas avoir les « prérequis » nécessaires pour cet ouvrage , mais je sais à qui il peut plaire s’il ne l’a pas déjà.
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Je me souviens que tu as déjà mentionné cette personne à plusieurs reprises ; voilà un chanceux 🙂
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170 pages cela semble raisonnable. Pour les Feuilles Allemandes 2026!
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Ce serait bien ! J’aime beaucoup voir des livres qui sont chroniquées d’une année à l’autre par d’autres blogueurs. Je serai heureux de lire ton billet.
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