
Ecrivain né en RDA en 1963, Lutz Seiler est un poète connu en Allemagne dont le premier roman, Kruso, fut couronné du Prix du livre allemand. Le récit se déroule sur l’île d’Hiddensee à l’été 1989 et s’inspire de l’histoire personnelle de l’auteur. L’île est alors un refuge pour les gens qui sont en marge de la société et qui viennent travailler comme saisonniers dans les nombreux établissements de villégiature.
Edgar Bendler, « Ed », a 24 ans. ll est ancien ouvrier maçon et étudiant. Suite au décès accidentel de sa compagne, il part pour l’île d’Hiddensee, où il trouvera un travail de plongeur à l’hôtel Zum Klausner (« Chez l’Ermite »). Il rencontre sur place une foule de personnages assez hauts en couleur, alternatifs, parmi eux Alexander Krusowitsch, surnommé Kruso, le premier plongeur du Klausner qui passe tout son temps libre à mettre en place un réseau qui vient en aide aux réfugiés et migrants.
L’organisation de Kruso – comment l’appeler autrement ? Surveillants de baignade, concierges, serveurs, personnel au comptoir, bagueurs d’oiseaux, sous-chefs, plongeurs, aides-cuisiniers -, tous semblaient reliés les uns aux autres. Le fait d’avoir décidé de vivre sur l’île (au moins d’y estiver, comme disait Cavallo) fournissait l’essentiel de ce qu’on devait savoir les uns des autres et établissait un lien invisible : quiconque était ici avait quitté le pays sans franchir la frontière.
Liés par un même amour de la littérature mais aussi par les épreuves personnelles traversées, Ed et Kruso se lient d’amitié.
Tout bien considéré, c’était plus que de la complicité et plus que de la confiance. Au fond ils partageaient le sentiment d’être des étrangers, leur amitié se fondait là-dessus. L’impossibilité de parler de ce qui pesait le plus sur leurs âmes semblait les lier l’un à l’autre plus étroitement que toute confidence.
Je dois avouer être passé à côté de cette lecture, qui s’est pour moi arrêtée à mi-chemin. L’écriture poétique, dense, dans un style assez contemplatif, ne m’a jamais vraiment embarqué dans ce récit ambitieux d’une utopie de liberté en ex-RDA. Je suis par contre assez convaincu que certains lecteurs en ressortiront avec un avis bien plus enthousiaste.
Je vous conseille donc :
d’acheter ce livre chez votre libraire
X d’emprunter ce livre dans votre bibliothèque
X ou de lire plutôt Stern 111 du même auteur
Kruso, de Lutz Seiler, traduit de l’allemand par Uta Müller et Bernard Banoun. Verdier, collection « Der Doppelgänger », 2018, 480 pages.

Lu dans le cadre des Escapades en Europe – Saison 2 (Cléanthe) consacrées en juin aux îles.
je vais laisser passer ce titre, j’ai du mal avec les écritures dites « poétiques »
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Cela m’arrive aussi et dans le cas présent, c’était le style qui m’a freiné. Dommage.
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Quel dommage que la rencontre ne se soit pas faite! J’avais repéré ce titre. Je tenterai peut-être l’experience à l’occasion.
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En effet, je me réjouissais de débuter la seconde saison des Escapades avec une vraie belle découverte, et je dus rebrousser chemin. Ce sera mieux le mois prochain, espérons-le !
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Apriori ton choix de lecture pour le challenge semblait intéressant. Ton manque d’enthousiasme me refroidie un peu.
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Oui, je voulais bien commencer le Challenge. Pas grave, cela m’a permis de découvrir un autre aspect de la vie en RDA.
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J’avais déjà noté Stern 111 ici, mais son format m’a jusqu’ici un peu découragée (et pas de sortie poche en vue, c’est un peu le « problème » de ces éditions Verdier).
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Jusqu’à présent, nous avions été charmés de nos incursions dans la littérature germanophone avec les éditions Verdier : je pense à Stern 111, mais aussi à « Lilas rouge » de Reinhard Kaiser-Mühlecker, ou au très bon « Scènes de ma vie » de Franz Michael Felder.
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J’avais aussi noté Lilas rouge, mais c’est pareil : pas de sortie poche en vue…
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C’est toujours un regret de ne pas arriver à se laisser embarquer dans une écriture. A chaque fois, je me dis que ce n’était pas le bon moment pour moi.
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Oui, cela m’arrive aussi et parfois, le moment n’est pas propice ; dans le cas présent, c’est le style qui m’a freiné et je doute qu’une lecture à une autre période puisse changer ma perception
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Stern 111 m’intéresse et je vois qu’il est à ma bibliothèque (Kruso aussi, d’ailleurs). Je le lirai peut-être pour les Feuilles allemandes. L’ambiance avec les appartements squattés est bien décrite, il me semble, dans le film Good bye Lénine (je n’ai pas réussi à mettre de commentaire sous Stern 111).
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Merci pour ton commentaire. Le fait que tu n’aies pas pu mettre de commentaire sous Stern 111 est peut-être dû au fait que le billet est paru il y a déjà longtemps.
Je serais très heureux si tu pouvais lire un livre de cet auteur pour les Feuilles allemandes !
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Et oui cela arrive de rater une rencontre ! Il a l’air intéressant à priori ! j’aime quand il y a des descriptions poétiques mais pas seulement, il me faut aussi des personnages intéressants, une histoire …
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Merci pour ton commentaire. Je pense objectivement qu’un certain nombre des ingrédients que tu listes sont réunis dans ce livre, mais l’ensemble n’a malheureusement pas pris…
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