Les cartons de mon arrière-grand-père – Adalbert Stifter

Lors de l’édition précédente des Feuilles Allemandes, je découvrais enfin l’écrivain autrichien né en Bohême, Adalbert Stifter, et au terme de la lecture de Le Vieux Garçon, je concluais en indiquant que cette lecture en appellerait d’autres. Aussi suis-je heureux d’évoquer aujourd’hui Les Cartons de mon arrière-grand-père.

Le présent ouvrage tient une place importante dans l’oeuvre de Stifter. Publié une première fois en 1841, il fut retravaillé par l’auteur, et c’est la seconde version, publiée en 1847, que les Editions Cambourakis nous proposent de découvrir.

Un jeune homme ayant étudié à Prague vient avec sa jeune épouse au domaine familial sis en Bohême. A cette occasion, il met la main sur des écrits de son arrière-grand-père, docteur reconnu, qui vécut au XVIIIème siècle. Le roman est ainsi constitué, hormis le premier chapitre, du journal que le docteur avait tenu.

Il suffit de bien peu de pages pour se laisser happer par le style délicieux, délicat de Stifter qui n’a pas son pareil pour décrire la nature environnante.

Ainsi s’écoula l’été. Nous reprîmes nos randonnées de l’été précédent, dans tous les bois, prés et champs des alentours, mais nous allions beaucoup plus loin cette année-là et nous empruntions parfois des chemins plus difficiles pour atteindre quelque endroit d’où l’on embrassait la splendide beauté des forêts ou qui offrait un spectacle de majesté terrible : rochers amoncelés, cascades impétueuses et arbres imposants.

Si ce livre ne fourmille pas de rebondissements, on découvre avec intérêt la vie du docteur, des petites gens qui vivent dans cette campagne, mais aussi celle de ses voisins, un ancien colonel et sa fille Margarita. Le plus remarquable outre l’évocation de la nature est la noblesse d’âme des personnages principaux, notamment du docteur, sa dévotion envers ses patients, sa façon de s’exprimer, toujours respectueuse. Un roman d’une autre époque mais au charme intact que j’ai refermé avec un sentiment de gratitude pour les heures passées à le lire.

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Les Cartons de mon arrière-grand-père, d’Adalbert Stifter, traduit de l’allemand (Autriche) par Elisabeth de Franceschi. Editions Cambourakis, 2019, 304 pages.

Lu dans le cadre des Feuilles allemandes.

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