
Née en 1970 à Epinal, Anne Percin entend parler de manière fortuite pour la première fois de son arrière-grand-père Charles, instituteur et directeur d’école. Il reste peu de traces de lui, hormis un carnet avec des notes qu’il a prises et qui évoquent principalement son épouse Eugénie, disparue prématurément. Dans Eugénie sous les bombes, elle fait revivre ce couple et leur tragédie, avec en arrière-plan la Première Guerre Mondiale.
Si on savait ce que l’avenir nous réserve, on ne ferait rien.
Ce n’est qu’en 2021 qu’Anne Percin est devenue la propriétaire du carnet qui lui a été transmis par son oncle. Ce carnet est l’une des dernières traces du couple formé par Charles et Eugénie ; des traces inégales qui lui servent d’ossature pour écrire ce récit, qui se déroule entre la fin du XIXème siècle et le début du XXème. Les trois parties traitent de l’enfance et de la rencontre des deux personnages principaux, puis de leur vie de famille durant la guerre, avant de s’attarder sur la dernière phase de leur vie commune : le retour de Charles chez lui en 1917 et la découverte de la maladie d’Eugénie. Une troisième partie qui, si elle ne laisse guère de doute quant au dénouement, est la plus poignante du roman, à l’image de ce que Charles avait lui-même consigné sur le papier.
Et ce qu’il raconte, ce n’est pas la vie au jour le jour, ce ne sont pas des notes en vrac, ni un roman ; c’est une biographie. Puis, cela bifurque, et on vire vers la tragédie. Avec des dialogues énormes, comme au théâtre. Ca devient prenant, poignant, progressivement illisible, étouffant comme toutes les tragédies. Parce que la tragédie, c’est connaître la fin avant le début.
Le récit s’inscrit dans son époque, une époque de transformation apportée notamment par la scolarisation obligatoire dont bénéficiera Charles au point de devenir lui-même instituteur ; on y retrouve également les combats de la République contre les religieux, le dur labeur et l’exploitation du personnel par certains propriétaires, ainsi que l’importance de la foi comme refuge. Une foi et une dévotion au travail que partagent Charles et Eugénie. Citons également la condition féminine qui se limitait justement au travail et à la famille.
J’ai été charmé par ce livre, par ces personnages modestes mais ambitieux, courageux et dévoués, par cette plume vive, alerte, qui les fait si bien revivre. Comme je le mentionnais, la troisième partie (qui se déroule majoritairement à Paris) est la plus poignante : elle met en scène Charles battant le pavé parisien sous les bombes allemandes pour faire admettre son épouse auprès d’hopitaux et chirurgiens qui pourraient peut-être la guérir de son mal.
Je vous conseille vivement la lecture de ce roman et vous invite à découvrir ce livre en :
X l’achetant chez votre libraire
l’empruntant dans votre bibliothèque
lisant autre chose
Eugénie sous les bombes, d’Anne Percin. Buchet Chastel, 2026, 304 pages.

Participation à Pages de la grande guerre 2026 (Challenge sur la Première Guerre Mondiale organisé par Nathalie du blog Délivrer des livres)
J’aime beaucoup ce genre de récit , mais en ce moment je croule sous les sollicitations !
J’aimeAimé par 1 personne
Je te comprends, c’est une période chargée pour les lecteurs (mais quelle période ne l’est pas ? :-)). Quoi qu’il en soit, n’hésite pas à le noter quelque part.
J’aimeJ’aime
Une belle trouvaille, on dirait. Je ne connais pas cette autrice que tu donnes envie de découvrir. Charles et Eugénie semblent particulièrement attachants.
J’aimeAimé par 1 personne
Oui, je suis d’accord avec toi, et suis heureux d’avoir pu lire ce livre. Oui, ils sont attachants et la dernière partie est très émouvante également.
J’aimeJ’aime
Bien envie de te faire confiance, il y a longtemps que je n’ai pas lu Anne Percin.
J’aimeJ’aime
Pour moi, c’était une première de lire Anne Percin et cela m’incite à continuer. Aurais-tu un autre titre à me conseiller ?
J’aimeJ’aime
J’ai lu bonheur fantôme (2011) et à relire mon billet, finalement j’avais des bémols
J’aimeJ’aime
J’aime beaucoup la plume de l’auteure et j’ai noté ce livre, mais ce en sera pas une priorité pour cette RL.
J’aimeAimé par 1 personne
Je ne la connaissais pas mais ce fut une très belle découverte !
J’aimeJ’aime
Merci pour cette première participation au Challenge « Pages de la grande guerre ». Ce roman me tente bien ! Noté dans ma wishlist sur Babelio.
J’aimeAimé par 1 personne
Merci pour ton commentaire ! J’ai découvert un peu tard ce challenge, mais je trouve l’idée vraiment très bonne. J’espère pouvoir lire encore au moins un ou deux titres prochainement.
J’aimeJ’aime
voilà un billet qui me tente énormément, évidemment il est noté! Je n’ai toujours pas lu Percin alors que j’avais noté des titres il y a quelques années, des jeunesses essentiellement.
J’aimeAimé par 1 personne
Merci ! J’ai lu qu’elle avait à son actif des titres jeunesse en effet. Découverte complète de l’autrice de mon côté, qui ne sera pas sans suite.
J’aimeJ’aime
Moi aussi je note, je n’ai pas lu l’autrice mais je ne sais pas où je vais caser cette lecture…
J’aimeAimé par 1 personne
Je crains que ce soit la difficulté à laquelle la plupart d’entre nous sommes confrontés. Tant mieux ! :-)
J’aimeJ’aime