
Poète écossais, Michael Pedersen nous emmène avec son premier roman, Le Phare de l’Impossible, sur l’île située la plus au Nord de l’Ecosse, Muckle Flugga, surplombée par un phare construit au XIXème siècle par l’ingénieur écossais Thomas Stevenson, le père de Robert Louis Stevenson. Dans ce décor majestueux mais hostile, l’arrivée d’un écrivain en provenance d’Edimbourg va remettre en cause le fragile équilibre de la vie du gardien de phare et de son fils sur l’île.
Voyager plein d’espoir vaut mieux que d’arriver à destination. Quel triste atlas on obtiendrait, à ne pas s’aventurer dans les ravines et rainures du monde. (Robert Louis Stevenson).
Le Phare de Muckle Flugga est géré par Le Père, un dur, un grincheux, qui ne semble pas avoir été épargné par la vie, récemment le décès de son épouse. Il s’acquitte néanmoins de sa tâche de gardien de phare avec beaucoup d’autorité et il sait subjuguer son auditoire par ses talents de conteur.
Le Père fait ce que fait le Père : il trime. (…) Le dynamisme et l’endurance du Père sont ses qualités les plus admirables. Il veille tard et se lève tôt, chaque créature consciente de sa présence.
Son fils, Ouse, est plus « rond de coeur ». Très sensible, il voyage par les livres et les rêves ; esseulé sur l’île, il se réfugie dans des discussions imaginaires avec RLS, Robert Louis Stevenson, auprès duquel il se confie. Pour le Père, Ouse est là pour perpétuer la tradition de gardien de phare. Ils accueillent de temps à autre un ornithologue dans un bothy, un petit gîte sur l’île, ce qui leur permet d’arrondir leur fin de mois. L’arrivée de Firth, un jeune écrivain d’Edimbourg, venu pour peindre avant de mettre un projet plus sombre à exécution, va rompre leur équilibre. Celui-ci se lie d’amitié avec Ouse et veut le convaincre de quitter l’île pour vivre enfin sa vie.
En ouvrant le livre, une double-page dessinée présente l’île, la localisation des endroits clés où se déroule le roman. Dès les premières lignes, on est d’ailleurs interpellé par l’évocation du lieu, renforcée par le lyrisme dont fait preuve l’auteur. Muckle Flugga est au centre du roman, et avec son climat changeant, ses falaises abruptes, présente des analogies avec le comportement de certains protagonistes, notamment le père.
C’est cette ambiance du lieu qui m’a au final le plus marqué. J’ai eu plus de difficultés à m’attacher aux personnages, dont j’aurais aimé comprendre davantage le cheminement. Il y a des scènes très fortes, comme ce premier repas à couteaux tirés entre le père et Firth. De même, l’auteur fait bien ressortir les non-dits, les cicatrices encore vives, mais le livre, malgré des qualités certaines, ne m’a pas complètement embarqué. Ajoutons également que le côté très poétique ravira les amateurs du style mais pourra rebuter certains lecteurs.
Je vous conseille au final
d’acheter ce livre chez votre libraire
X d’emprunter ce livre dans votre bibliothèque
de lire autre chose
Le Phare de l’Impossible, de Michael Pedersen, traduit de l’anglais (Ecosse) par Claire-Marie Clévy. Buchet Chastel, 2026, 400 pages.
Je participe avec cette lecture à Book Trip en mer organisé par le blog Lecture sans frontières.
Vous pouvez aussi retrouver les avis d’autres blogueurs sur ce livre : celui mitigé de Kathel, beaucoup plus enthousiaste de L’ourse bibliophile.

je pensais lire un billet plus enthousiaste à cause du lieu où se passait ce roman, dommage;
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