Ecrivain suisse contemporain majeur, Lukas Bärfuss nous convie dans son roman Cent jours, cent nuits, dans le Rwanda des années 90, où officie David Hohl, chargé de développement pour le compte de la Suisse. Comme l’indique le titre, il s’y trouvera alors que s’y commettra le génocide qui fera, en l’espace de cent jours, 800.000 victimes.
On va quitter l’Europe pour participer aux lectures thématiques organisées par Livr’escapades qui ont comme sujet commun le Rwanda. Je n’ai pas mis longtemps à réfléchir sur le titre, car c’est l’organisatrice elle-même qui me l’avait offert, ayant sûrement déjà l’idée dans un coin de la tête de vouloir commémorer les 30 ans écoulés depuis le génocide des Tutsi. Signé Gaël Faye, Petit pays nous transporte sur un autre continent et nous offre un regard sur le Burundi à travers les yeux d’un garçon.
Après Vilhelm Moberg et Moa Martinson, je continue aujourd’hui mon exploration de la collection scandinave des Editions de l’Elan avec le premier livre de l’autrice Kristina Ifwarson, Les choses muettes, qui emprunte à l’imaginaire de la romancière pour nous emmener en Suède et en France, sur les traces d’une jeune femme, Selma.
Après la chronique de La France sous nos yeux, il me tardait de lire le nouveau livre de Jérôme Fourquet, La France d’après, qui est une analyse politique de cette nouvelle France dont la décomposition / recomposition électorale est massive depuis l’élection d’Emmanuel Macron en 2017.
Livre publié à la veille de l’élection présidentielle de 2022, Prix du Livre de l’Année du Magazine Lire et Prix du livre d’Economie 2021, La France sous nos yeux, de Jérôme Fourquet et Jean-Laurent Cassely est un essai passionnant par le regard qu’il pose sur notre pays dont les transformations, dans les trente dernières années, ont été abyssales.
L’année dernière, pour notre rendez-vous sous le signe des romans épistolaires, j’avais choisi une histoire moderne avec des mails tapés sur le clavier d’un ordinateur et transmis instantanément. Cette année, j’ai opté pour des lettres traditionnelles, écrites à la main et acheminées par des messagers. On est alors au 16ème siècle, à Florence, juste au moment où le peintre Pontormo vient d’être assassiné. A partir de ce fait divers, Laurent Binet orchestre magistralement une belle ribambelle de personnages et dévoile leur correspondance.
Laissons le rideau s’ouvrir sur la scène, qui est Florence, en 1557.
Vivian Meier (1926 – 2009) est une photographe américaine au sujet de laquelle Gaëlle Josse, dans son livre Une femme en contre-jour, écrit que « Sa surexposition posthume est aussi brillante que sa vie fut obscure ». En effet, si elle se promenait sans cesse avec un appareil photo, peu de ses photos furent développées de son vivant, et c’est grâce à un concours de circonstance particulier que son oeuvre nous est enfin parvenue. Une histoire que Gaëlle Josse, à la fois enquêteuse et portraitiste, nous invite à découvrir.
Thomas Flahaut, auteur né en France, mais installé à Bienne, nous invite à intégrer le quotidien d’un petit groupe de jeunes lors d’un été, partagé entre la commune des Verrières et une usine suisse. Intitulée Les nuits d’été, l’histoire nous offre une vue intéressante sur le sort des enfants issus des classes populaires.
Dans le corps à corps avec la machine, est-ce que sortir vivant et debout de l’atelier à la fin de la nuit, de la saison, d’une vie, c’est gagner ?
Le 9 mai 1950, Robert Schuman prononçait un discours qui fera date, marquant la création de la Communauté du Charbon et de l’Acier (CECA). Ce 9 mai est ainsi devenu la Journée de l’Europe. En cette année d’élections au Parlement Européen, dans un contexte où les parti « pro-européens » sont à la peine dans les sondages, notamment en France, il me semblait bon de parler d’un livre publié en 2020, Europe. Rallumer les étoiles, et rédigé par André Gattolin et Richard Werly.
Notre Europe est un puzzle dont nous cherchons sans cesse les ultimes morceaux, alors que d’autres s’évertuent à bousculer la table pour rendre notre quête impossible.
Directeur Général de l’AREP, une agence d’architecture propriété de la SNCF, qui se veut à l’avant-garde de l’architecture décarbonée, Philippe Bihouix est un spécialiste des ressources minérales, qui défend le credo de sortir des impasses environnementales et sociétales « par le bas », c’est-à-dire par les basses technologies (« low tech »), au lieu de ne jurer que par l’innovation et la technique. Il développe cette thèse dans son livre L’âge des low tech.
J’achète un téléphone portable en France, et ce faisant j’ai exploité des mineurs au Congo, détruit des forêts primaires de Papouasie, enrichi des oligarques russes, pollué des nappes phréatiques chinoises, puis, douze à dix-huit mois plus tard, j’irai déverser mes déchets électroniques au Ghana ou ailleurs.