
Gorge d’Or est le premier roman de l’autrice finlandaise Anni Kytömäki, publié en 2015 et récemment traduit en français. Le lecteur suit l’histoire d’un homme, Erik Stenfors, et de sa fille Malla, dans un décor où la nature tient le premier rôle.
Le roman, narré essentiellement de façon chronologique, s’étale de 1903 à 1937, sur fond d’histoire finlandaise, notamment les luttes entre les Blancs et les Rouges au moment de l’indépendance du pays (1919). Ces éléments historiques, qui ne constituent pas l’ossature essentielle du roman, sont toutefois très intéressants : on perçoit la précarité dans laquelle vivaient métayers et ouvriers, nourrissant les mouvements socialistes, dont les membres seront traqués après l’écrasement de l’insurrection.
De ce milieu, Erik Stenfors est bien éloigné. Son père est entrepreneur et fait construire une voie ferrée et un port pour exporter du bois. S’il voit la nature comme une source de matières premières, son fils Erik en a une vision contemplative héritée de sa mère. Il est le narrateur de la première partie du roman et nous le suivons parcourir les forêts du Nord de la Finlande :
Je pédale sur de petites routes longeant de grands lacs, traverse des villages centenaires, m’écarte sur des chemins de traverse, parcours les bois convoités par père sous un lumineux ciel d’automne ou dans la brume qui monte des vallons. (…) Il peut se passer des jours sans que je dise un mot. Je m’en inquiète au débute, puis plus du tout. Les mots ne font que ressasser les vieilles idées et empêcher l’émergence de nouvelles.
Il rencontre Lidiia, une « Rouge », et de leur union naît Malla, la jeune fille qui sera la narratrice de la seconde partie.
Dans les 630 pages qui composent le roman, la part la plus belle est réservée à la nature : une nature refuge dans les moments difficiles de l’Histoire, mais aussi dans ceux de la vie d’Erik et Malla ; une nature qui rapprochera ces deux êtres aux vies cabossées.
C’est un livre qui se mérite dans le sens où il requiert une attention particulière de lecture. Certains passages sautent du rêve à la réalité, certains sont liés à des contes traditionnels. De plus, il convient de prendre le temps de s’immerger dans cette ambiance si particulière qui n’est pas sans avoir des points communs avec Mousse, de Klaus Modik (paru chez le même éditeur), qui fut notre dernière lecture commune avec Goran. Je dois dire qu’au sortir de cette histoire, se replonger dans un roman plus léger ou moins construit n’est pas une mince affaire ! C’est une fresque qui enveloppe le lecteur dans une certaine intemporalité et montre, si besoin en est, la magie de la littérature !
N’hésitez donc pas à lire ce roman qui fut pour moi une (très) très belle découverte !
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Gorge d’Or, d’Anni Kytömäki, traduit du finnois par Anne Colin du Terrail. Rue de l’échiquier, 648 pages, 2023.

L’histoire de la Finlande commence a être un peu plus familière pour moi grâce aux romans. Pauvre pays trop près géographiquement de la Russie.
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Très juste. Je ne connais pas suffisamment ce pays, mais ce genre de lecture m’a également permis de le rendre plus familier.
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L’histoire de la Finlande m’intéresse mais le livre semble d’un abord difficile et il est assez long. Je suis très paresseuse en ce moment.
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Je te conseille de le noter pour plus tard, c’est un vrai dépaysement et une vraie réussite. J’ai eu un peu peur de la taille du livre au début mais je ne le regrette pas !
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Marrant, ce matin on en parlait dans un groupe de lecture (sur autre chose, la lecture commune). S’il y a de la vraie nature, ça m’intéresse.
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Ce serait vraiment bien si vous pouviez le lire en LC, il le mérite !
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Voilà qui a l’air passionnant mais à garder pour un moment propice pour le savourer pleinement. Au passage, très belle couverture d’une maison d’édition que je ne connaissais pas.
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De la même maison d’édition je te conseille également M. Watts 😉
(Chroniqué aussi par Ingannmic si je me rappelle bien)
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C’est noté !
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Bonsoir Patrice
Merci pour cette nouvelle participation au challenge Les épais de l’été, que je découvre grâce à une petite vérification la veille de la clôture 😉
Je ne connaissais pas l’autrice (pas de notice wikip… en français?), mais son thème pourrait faire comme un écho à l’un des livres chroniqués par Belette, qui narre l’histoire de trois jeunes immigrants finnois aux Etats-Unis qui vont y travailler dans le bûcheronnage… (Faire bientôt éclater la terre)!
(s) ta d loi du cine, « squatter chez dasola
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Tu as bien fait de faire cette petite vérification d’avant publication :-). Je voulais te laisser un message sur le blog mais je ne l’ai pas fait. En tout cas, je souhaitais vraiment chroniquer ce livre avant le 21/09 pour qu’il rentre dans les « épais de l’été » !
Merci pour le conseil de lecture, je vais aller regarder de plus près ce dont il s’agit.
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ça a l’air original et tu sembles convaincu… allez, oui, s’il croise mon chemin.
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Je le suis, et oui, c’est original :-). N’hésite pas en tout cas !
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