
On ne présente plus Karel Čapek qui est un habitué de ce blog et dont les nouvelles intitulées Contes d’une poche et d’une autre poche illustrent une nouvelle fois les talents de conteur. Publiées en 1929, les quarante-huit histoires se rattachent à des histoires policières qui sont autant de révélateurs de la nature humaine.
Il suffit de bien peu de lignes à Karel Čapek pour nous immerger dans chaque nouvelle qui se déroule dans son pays, la Tchécoslovaquie de l’entre-deux guerres, et qui met en scène différentes personnes se retrouvant au milieu d’affaires judiciaires ou policières.
Ce soir-là, le conseiller Tomsa s’était confortablement installé ; les écouteurs sur les oreilles et un sourire satisfait aux lèvres, il écoutait une agréable interprétation des Danses slaves de Dvořák à la radio. « Ca, c’est de la musique ! », se dit-il avec satisfaction, lorsque soudain deux coups de feu éclatèrent au-dehors. La vitre de la fenêtre située près de sa tête se brisa avec fracas ; précisons que M. Tomsa occupait un appartement au rez-de-chaussée.
Des traces de pas s’arrêtant mystérieusement dans la neige, un acteur ayant disparu, un voleur de cactus qui semble insaisissable, voilà autant de sujets que l’on retrouve dans ces enquêtes… Dans Le reçu, une jeune fille a été étranglée dans un champ de maïs et l’on ne retrouve le meurtrier qu’après une longue enquête basée sur un reçu laissé dans une poche et la longue déduction de l’enquêteur. Dans La disparition de M. Hirsch, il est question d’une visite et d’un tapis laissant des traces. Sous des dehors « légers », Capek dépeint dans ses nouvelles les travers des humains, comme l’appât du gain par exemple. Comme dans toute son oeuvre, on retrouve cette fausse légèreté, cet humour et ce côté très humaniste qui transparaît dans la description des personnes.
J’ai lu que la seconde partie, « Les contes d’une autre poche » avaient d’abord fait l’objet d’une parution dans le quotidien Lidové noviny, avant d’être regroupés dans un livre. J’imagine les lecteurs de ce journal découvrant leur nouvelle quotidienne de Čapek et c’est exactement de cette façon qu’il faut déguster chacune d’entre elles, en lisant chaque jour une histoire différente.
Je vous conseille :
X d’acheter ce livre chez votre libraire
X ou de l’emprunter dans votre bibliothèque
de lire autre chose
Contes d’une poche et d’une autre poche, de Karel Čapek, traduit du tchèque par Barbora Faure et Maryse Poulette. Les Editions du Sonneur, 2018, 512 pages.
Lecture commune en hommage à notre ami Goran proposée par Sacha.
Participation aux « Pavés de l’Eté » (La petite liste – Sybilline) et aux « Quatre saisons de pavés » (Au milieu des livres – Moka) et à Une rentrée à l’Est (Des romans mais pas seulement – Sacha).



Autres livres de Karel Capek à découvrir sur ce blog :
Merci beaucoup pour cette participation qui présente une autre facette des talents d’auteur de Čapek avec cette touche policière. Encore un titre à découvrir pour moi, j’ai hâte !
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Il fallait bien que Sacha propose une lecture autour de cet auteur pour que je découvre sa plume. J’ai également publié un article sur La fabrique de l’Absolu en hommage à Goran. Bonne fin de journée à vous deux !
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