Moa Martinson – Femmes et pommiers

Edité dans la même collection que le très bon roman de Vilhelm Moberg, Mon instant sur cette terre, que j’avais chroniqué l’an dernier, Femmes et pommiers est le premier roman de l’écrivaine Moa Martinson (1890 – 1964), figure importante de la littérature suédoise du XXème siècle, qui s’attache dans ce livre à décrire la vie très difficile des femmes dans la Suède du début du siècle dernier.

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Diane Wilson – Les Semeuses

Direction le Minnesota avec le premier roman* de Diane Wilson, descendante des Mdewakanton (une des tribus Sioux), actuellement engagée dans de nombreuses organisations, notamment celles qui se mobilisent pour assurer l’autonomie du système alimentaire pour les peuples indigènes. Cette thématique est l’un des principaux sujets de son roman Les Semeuses, qui nous entraîne en Amérique de 1860 à nos jours.

Rentrer chez soi, c’était comme nager à contre-courant, à la recherche du début, des eaux propres et claires de mon enfance.

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Laurent Binet – Perspective(s)

L’année dernière, pour notre rendez-vous sous le signe des romans épistolaires, j’avais choisi une histoire moderne avec des mails tapés sur le clavier d’un ordinateur et transmis instantanément. Cette année, j’ai opté pour des lettres traditionnelles, écrites à la main et acheminées par des messagers. On est alors au 16ème siècle, à Florence, juste au moment où le peintre Pontormo vient d’être assassiné. A partir de ce fait divers, Laurent Binet orchestre magistralement une belle ribambelle de personnages et dévoile leur correspondance.

Laissons le rideau s’ouvrir sur la scène, qui est Florence, en 1557.

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Uglješa Šajtinac – De très modestes cadeaux

A l’occasion de notre week-end dédié aux romans épistolaires, je vous présente un livre que j’avais acheté il y a déjà deux ans lors du Salon du livre de Colmar et qui n’attendait que ce rendez-vous pour être lu ! De très modestes cadeaux est un roman serbe écrit en 2011 par Uglješa Šajtinac, et récompensé par le Prix de littérature de l’Union Européenne en 2014. Roman épistolaire qualifié de « 2.0 » en raison de sa forme : un échange de courriels entre deux frères.

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Maria Matios – Presque jamais autrement

Prix du livre ukrainien en 2007, Presque jamais autrement a été récemment traduit en français et s’ajoute ainsi à Daroussia la Douce, seul livre jusqu’à présent disponible en français de l’écrivaine ukrainienne Maria Matios, très connue dans son pays et au-delà, pour sa prose mais aussi ses poèmes. Dans ce livre relativement court, 160 pages, elle emmène le lecteur dans les Carpates ukrainiennes, dans la famille Tcheviouk.

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Thomas Flahaut – Les nuits d’été

Thomas Flahaut, auteur né en France, mais installé à Bienne, nous invite à intégrer le quotidien d’un petit groupe de jeunes lors d’un été, partagé entre la commune des Verrières et une usine suisse. Intitulée Les nuits d’été, l’histoire nous offre une vue intéressante sur le sort des enfants issus des classes populaires.

Dans le corps à corps avec la machine, est-ce que sortir vivant et debout de l’atelier à la fin de la nuit, de la saison, d’une vie, c’est gagner ?

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Virginia Reeves – Un travail comme un autre

Pour son premier roman, Un travail comme un autre, l’autrice américaine Virginia Reeves nous emmène dans l’Alabama des années 20. Roscoe, son épouse Marie et leur fils Gerald vivent dans la ferme du père de Marie, sur laquelle elle a voulu s’installer après le décès de ce dernier. Un quotidien que Roscoe n’apprécie pas, et qu’il décide de changer grâce à l’apport de l’électricité.

On naît avec quelque chose dans les veines, pour mon père, c’était le charbon, pour Marie, c’est la ferme, pour moi, un puissant courant électrique.

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Marlène Mauris – Escarpées

À mes yeux, le premier roman de l’auteure suisse Marlène Mauris a marqué des points dès le début. Tout d’abord en tant qu’objet grâce à une belle couverture et les illustrations de Pierre-Yves Gabioud qui s’accordent parfaitement avec l’histoire. Pas étonnant puisque son oeuvre est indéniablement liée aux montagnes suisses dont il est originaire (tout comme l’autrice) et dont l’esprit est joliment décrit comme une recherche poétique de l’accord entre le coeur et la nature. Deuxièmement, j’étais séduite par le parcours de l’autrice, brièvement mentionné sur le rabat, notamment par sa décision de reprendre une épicerie de montagne à La Sage.* Le troisième point positif est lié au titre, Escarpées, qui illustre très bien les paysages, les images et les personnages qui s’offrent aux lecteurs. Est-ce que mon compteur s’arrêtera là ?

Si quelque chose pouvait définir cet endroit et ses gens, ce serait bien ça : le non-dit pudique et assourdissant. Il est sublime, profondément résistant, imperméable à la douceur. Rassurant pour l’un, renversant pour l’autre.

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Marie Darrieussecq – Être ici est une splendeur

Schade a été le dernier mot de Paula Becker avant de rendre son dernier souffle à l’âge de 31 ans. Dommage de ne plus pouvoir peindre, de s’être arrêtée en plein envol artistique, dommage de ne plus pouvoir retourner dans son cher Paris, dommage de ne pas voir grandir son enfant. Sur à peine 150 pages et sous le titre Être ici est une splendeur, Marie Darrieussecq ressuscite Paula et nous offre le formidable portrait d’une femme-artiste.

J’ai écrit cette biographie à cause de ce dernier mot. Parce que c’était dommage. (…) Parce que j’aurais voulu qu’elle vive. Je veux montrer ses tableaux. Dire sa vie. Je veux lui rendre plus que la justice : je voudrais lui rendre l’être-là, la splendeur.

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