Isidor Geller était une figure importante de la société viennoise des années 20 et 30 avant que la barbarie Nazie ne se déchaine. Son arrière-petite-nièce Shelly Kupferberg restitue sa vie et celle des autres membres de la famille dans son roman paru récemment en français, Isidor, une vie juive.
Figure importante de la littérature tchèque du XXème siècle, Jiří Weil est un auteur d’origine juive dont l’oeuvre reste très marquée par le destin des Juifs durant la Seconde Guerre Mondiale. Ses deux ouvrages les plus connus ont fait l’objet de réédition en français : tout d’abord Mendelssohn est sur le toit, puis Vivre avec une étoile, l’histoire de Josef Roubíček, modeste employé de banque dont le quotidien se rétrécit au fur et à mesure que l’étau se resserre autour des Juifs de Prague.
Si l’on dit communément que « les peuples heureux n’ont pas d’histoire », cette citation ne peut s’appliquer pour les Pays Tchèques, tant leur territoire fut l’objet de luttes dans le passé, avec un XXème siècle en point d’orgue. C’est dans la partie tchèque de la Tchécoslovaquie, plus exactement dans la ville fictive de Jedlov (Tannberg en allemand), qu’on imagine dans le Nord-Ouest de la Bohême, que se déroule l’intrigue de l’ambitieux roman Le tumulte et l’oubli, de l’écrivain Timothée Demeillers.
Récompensé par le prix de l’Union Européenne en 2021, La rivière est le premier roman de l’autrice lettone Laura Vinogradova. On y rencontre Ruta, une jeune femme qui traine avec elle son mal de vivre suite à la disparition non élucidée de sa soeur Dina.
En reposant le livre de Anna Funder, L’invisible Madame Orwell, je ne pouvais résister à l’envie de lire La ferme des animaux, de George Orwell. Ecrit en 3 mois pendant la Seconde Guerre Mondiale, paru en 1945, et grand succès dès sa sortie, ce livre est une fable visant à montrer à quel point la révolution russe fut dévoyée par Staline et aboutit à une dictature. Anna Funder cite plusieurs fois ce livre, en y replaçant le rôle important que joua la femme de l’auteur, Eileen, dans la genèse de l’oeuvre :
J’irai plus loin en disant que cela montre que sa manière de voir les personnages et autres créatures – plus vive, plus humaine, plus drôle – lui venait d’Eileen. (…) C’est un chef-d’œuvre expliquant comment la révolution russe s’est transformée en dictature sanglante sous la férule d’une nouvelle élite installée par Staline. (…) Dans La Ferme des animaux, la profondeur psychologique et la compassion d’Eileen rejoignent l’intuition politique d’Orwell pour bâtir un chef-d’œuvre – Anna Funder.
Si la Bible évoque une terre où coulent « le lait et le miel », l’auteur allemand Ralf Rothmann a, quant à lui, adapté cette expression pour écrire sur le pays d’où il vient, l’Allemagne, et plus précisément le bassin de la Ruhr dans les années 60. Lait et charbon est un roman à fort caractère autobiographique, où il parle de la vie d’un adolescent, de ses parents dans cette région minière ; une vie loin de ce que l’on a communément l’habitude d’appeler « le miracle économique allemand ».
Tandis que certains parmi vous ont, grâce à Kathel, déjà fait la connaissance de Marta et Arthur, je vais vous introduire dans une autre famille allemande, La famille Ruck, dont les jours sont captés par la plume de Katja Schönherr. Allons donc directement sonner chez Inge qui, si elle n’est pas chez la kiné, devrait bien être à la maison !
Arno Geiger, auteur autrichien, s’est tout d’abord fait remarquer pour son roman Tout va bien, qui fut le premier lauréat du livre allemand décerné à partir de 2005. Il a depuis écrit plusieurs romans, que ce soit sur la maladie d’Alzheimer de son père ou sur l’Autriche vers la fin de la Seconde Guerre Mondiale. La lecture commune autour de son oeuvre m’a incitée à enfin ouvrir son premier roman que Patrice m’a offert à sa sortie en version originale. L’auteur y retrace le destin d’une famille sur fond d’histoire autrichienne.
Durant cette édition des Feuilles allemandes, je vais vous présenter deux romans couronnés par le Prix du livre allemand et on débute aujourd’hui par Femme bleue d’Antje Rávik Strubel qui est sorti en 2021. Ce roman met en scène une jeune femme d’origine tchèque faisant l’expérience des limites entre l’Europe de l’Est et de l’Ouest.
Marianne Fritz était une écrivaine autrichienne qui s’est fait connaître dès la parution de son premier titre, Le poids des choses, récompensé par le prestigieux prix Robert Walser. Sur un nombre de pages assez restreint, l’autrice offre une lecture inhabituelle, dérangeante, et fait regretter au lecteur, une fois le livre refermé, de ne pas avoir organisé au préalable une lecture commune, tant l’envie d’échanger, de prendre connaissance d’autres avis est fort.