Avec près de 1200 pages s’enchainant pratiquement sans discontinuer, la lecture du roman de l’auteur hongrois Péter Nádas, Ce qui luit dans les ténèbres, est une expérience de lecture mémorable. L’écrivain s’attache à y décrire une histoire familiale marquée par le fascisme et le communisme.
Jean-Noël reçoit un appel téléphonique de son frère aîné, l’informant que leur père va mal. Quelques jours plus tard, il monte dans sa Peugeot et se met en route vers le sud et vers un passé qui s’est brutalement interrompu il y a une trentaine d’années. Sur à peine 200 pages, Stéphanie Chaillou nous parle de la famille et de ses membres, et signe avec Revenir à Marimbault un de mes coups de cœur de cette rentrée littéraire.
Montespieux-sur-la-Dourde, un village du Nord de la France « qui semble avoir été construit pour fournir de la main d’oeuvre aux trois usines qui rajoutent continuellemnet de la fumée aux nuages ». Voilà comment s’exprime le narrateur, un garçon de 17 ans, qui devient le suspect numéro 1 dans une affaire qui le dépasse, celle du meurtre d’un petit garçon, au coeur de l’intrigue du livre de Frédéric Viguier, Aveu de faiblesses.
Cinquième livre de l’auteur suisse romand Roland Buti, paru en 2014, Le Milieu de l’horizon fut le lauréat du prix suisse de littérature en 2014 ainsi celui du public de la RTS, la Radio Télévision Suisse, avant d’être adapté au cinéma en 2019. Se déroulant dans une ferme frappée par la sécheresse de 1976, il met en scène une famille dont la vie bascule en l’espace de quelques semaines.
J’appartenais à cette maison fragile. J’appartenais à cette maison dans laquelle chacun se débattait dans son petit espace clos.
La facture du ferry non payée et le départ de la famille Stjerne pour Gotland se complique. Ce qui pourrait représenter un simple souci de logistique, s’avère néanmoins être la fatidique « dernière goutte » qui amènera l’un des deux époux à prononcer le mot Divorce. Pourquoi et comment en sont-ils arrivés là ? C’est ce que décortique avec beaucoup de finesse l’écrivaine suédoise Moa Herngren.
Après La gloire de mon père et Le château de ma mère, je continue ma lecture des souvenirs d’enfance de Marcel Pagnol à travers le troisième tome de la série, intitulé Le temps des secrets. Si les vacances d’été – faites de jeux, de chasse, d’escapades – restent une trame importante du livre, la transition vers l’adolescence est perceptible pour le narrateur.
Premier roman de Laurent Petitmangin, Ce qu’il faut de nuit fut salué par la critique et les lecteurs à sa sortie. Ancré en Lorraine, il met en scène un père, qui élève seul ses deux fils après la mort de son épouse, et se trouve confronté au glissement du fils aîné vers un groupuscule d’extrême-droite.
La colline qui travaille est une allusion à la Croix-Rousse de Lyon, quartier connu pour son activité industrielle autour du tissage. C’est le titre qu’a choisi Philippe Manevy, qui s’appuie sur l’histoire de ses grands-parents maternels, Alice et René, pour nous parler de l’histoire de sa famille à travers 4 générations traversant la grande Histoire du XXème siècle français.
Le nom de l’écrivaine américaine Anne Tyler vous est sûrement familier, pourtant je ne l’ai découvert que ce mois-ci avec son dernier roman traduit en français, Trois jours en juin. Parfaitement de saison, comme le titre l’indique, le roman nous invite à passer quelques jours en compagnie de Gail, réunie avec son ex-mari pour le mariage de leur fille.
En avril 1959, Walter Ulbricht appelle tous les artistes et ouvriers à se réunir et travailler ensemble, dans le cadre d’une doctrine (« Bitterfelder Weg ») qui avait pour but d’ôter aux intellectuels une certaine aura élitiste, de mettre les ouvriers au centre des oeuvres artistiques et d’unir les deux. Son appel est suivi par de nombreux jeunes artistes, notamment par Christa Wolf ou Brigitte Reimann. Cette dernière a rejoint une usine, Schwarze Pumpe, une expérience qui lui a inspiré Ankunft im Alltag, un roman mettant en scène trois jeunes gens qui, après le bac, passent une année de travail manuel à l’usine, et Une fratrie, dont l’héroïne, Elisabeth, partage de nombreux points communs avec l’autrice.
J’en avais rencontré, au cours de mes études, des jeunes gens de ce genre, zélés, qui ignoraient encore que scepticisme ne signifie pas hostilité, ni patience absence de fermeté.