Auteur suédois majeur du XIXème siècle, August Strindberg (1849 – 1912) se fit connaître par ses pièces de théâtre, ses romans et peintures. Les gens de Hemsö, écrit en 1887, emmène le lecteur dans un village situé sur la côte suédoise, où l’agriculture et la pêche rythment la vie de la famille Flod. Alors que le père de famille est décédé, et les champs délaissés, un valet nommé Carlsson est embauché pour s’occuper des cultures.
Fille de Gervaise et de Coupeau, personnages principaux de L’assommoir, Nana est l’héroïne de ce neuvième tome des Rougon-Macquart d’Emile Zola auquel elle donne son nom, et dont l’action se déroule à la fin du Second Empire dans le milieu du théâtre, de l’aristocratie, où les courtisanes jouent les premiers rôles.
Magdalena Blažević est une autrice croate née en 1982 et vivant à Mostar, en Bosnie-Herzégovine. C’est justement en Bosnie que se déroule son roman A la fin de l’été, qui est son premier à être traduit en français. La narratrice s’appelle Ivana, et y raconte son enfance, au milieu de sa famille, avec sa meilleure amie Dunja ; une enfance qui sera rattrapée par la guerre et dont l’issue ne fait guère de doutes.
Je m’appelle Ivana. J’ai vécu quatorze étés, et ceci est l’histoire du dernier.
Post frontière, de Maxime Gillio, est un roman qui nous emmène à la rencontre de Patricia Sommer, une journaliste berlinoise au Tageszeitung qui se pointe un jour devant la maison d’Inge Oelze dans le but de faire raconter à cette dernière son expérience particulière : celle d’avoir fui la RDA pour Berlin Ouest puis d’avoir refait le chemin inverse avant la réunification. C’est du moins la version officielle…
Est-ce que vous vous êtes déjà posé la question de savoir dans quelles mains est passé un billet de banque avant d’arriver dans votre porte-monnaie ? Hakim Benbouchta est allé plus loin, en imaginant un billet de cinq euros faisant son bout de chemin et en créant des histoires autour de celles et ceux qui l’ont possédé pendant un certain temps. Le billet de cinq est de ce fait un roman choral regroupant quatre récits de personnes très différentes.
Isidor Geller était une figure importante de la société viennoise des années 20 et 30 avant que la barbarie Nazie ne se déchaine. Son arrière-petite-nièce Shelly Kupferberg restitue sa vie et celle des autres membres de la famille dans son roman paru récemment en français, Isidor, une vie juive.
Figure importante de la littérature tchèque du XXème siècle, Jiří Weil est un auteur d’origine juive dont l’oeuvre reste très marquée par le destin des Juifs durant la Seconde Guerre Mondiale. Ses deux ouvrages les plus connus ont fait l’objet de réédition en français : tout d’abord Mendelssohn est sur le toit, puis Vivre avec une étoile, l’histoire de Josef Roubíček, modeste employé de banque dont le quotidien se rétrécit au fur et à mesure que l’étau se resserre autour des Juifs de Prague.
Si l’on dit communément que « les peuples heureux n’ont pas d’histoire », cette citation ne peut s’appliquer pour les Pays Tchèques, tant leur territoire fut l’objet de luttes dans le passé, avec un XXème siècle en point d’orgue. C’est dans la partie tchèque de la Tchécoslovaquie, plus exactement dans la ville fictive de Jedlov (Tannberg en allemand), qu’on imagine dans le Nord-Ouest de la Bohême, que se déroule l’intrigue de l’ambitieux roman Le tumulte et l’oubli, de l’écrivain Timothée Demeillers.
Récompensé par le prix de l’Union Européenne en 2021, La rivière est le premier roman de l’autrice lettone Laura Vinogradova. On y rencontre Ruta, une jeune femme qui traine avec elle son mal de vivre suite à la disparition non élucidée de sa soeur Dina.
En reposant le livre de Anna Funder, L’invisible Madame Orwell, je ne pouvais résister à l’envie de lire La ferme des animaux, de George Orwell. Ecrit en 3 mois pendant la Seconde Guerre Mondiale, paru en 1945, et grand succès dès sa sortie, ce livre est une fable visant à montrer à quel point la révolution russe fut dévoyée par Staline et aboutit à une dictature. Anna Funder cite plusieurs fois ce livre, en y replaçant le rôle important que joua la femme de l’auteur, Eileen, dans la genèse de l’oeuvre :
J’irai plus loin en disant que cela montre que sa manière de voir les personnages et autres créatures – plus vive, plus humaine, plus drôle – lui venait d’Eileen. (…) C’est un chef-d’œuvre expliquant comment la révolution russe s’est transformée en dictature sanglante sous la férule d’une nouvelle élite installée par Staline. (…) Dans La Ferme des animaux, la profondeur psychologique et la compassion d’Eileen rejoignent l’intuition politique d’Orwell pour bâtir un chef-d’œuvre – Anna Funder.