Ante Tomić est un auteur croate contemporain dont le succès en France ne se dément pas. Il était régulièrement lu et apprécié lors de notre Mois de l’Europe de l’Est, et je me réjouis aujourd’hui de découvrir enfin sa prose via son dernier livre en date, Le gourdin du prince Marko, un roman loufoque autour d’un héros serbe.
Avec Mater Dolorosa, Jurica Pavičić signe son troisième roman policier traduit en français après le succès de L’Eau rouge et de La femme du deuxième étage, que nous avions déjà chroniqués sur ce blog. Nous sommes à Split, à l’automne 2022, et le corps d’une jeune fille sans vie vient d’être retrouvé dans une ancienne usine, provoquant l’émoi et la colère chez la population.
Magdalena Blažević est une autrice croate née en 1982 et vivant à Mostar, en Bosnie-Herzégovine. C’est justement en Bosnie que se déroule son roman A la fin de l’été, qui est son premier à être traduit en français. La narratrice s’appelle Ivana, et y raconte son enfance, au milieu de sa famille, avec sa meilleure amie Dunja ; une enfance qui sera rattrapée par la guerre et dont l’issue ne fait guère de doutes.
Je m’appelle Ivana. J’ai vécu quatorze étés, et ceci est l’histoire du dernier.
Lors de la dernière édition des Feuilles Allemandes, j’ai eu l’occasion de chroniquer un livre qui fut une très belle expérience de lecture ; il s’agissait de Le turbulent destin de Jacob Obertin, un titre récompensé par le prix suisse du livre en 2012. Il mettait en scène une famille lorraine immigrant en Transylvanie au XVIIIème siècle. Passage à l’Est! me faisait remarquer que le livre de l’écrivain croate Slobodan Šnajder, né à Zagreb en 1948, traitait d’un thème semblable et c’est la raison pour laquelle nous avons mis La réparation du monde, oeuvre majeure et ambitieuse de l’écrivain, au programme des lectures communes de notre Mois de l’Europe de l’Est !
On a pu faire connaissance avec Jurica Pavičić grâce à la sortie de son livre L’eau rouge dont l’histoire tourne autour de la disparition d’une jeune fille, ce qui a permis à l’auteur de brosser un portrait éclairant sur la Croatie des 30 dernières années. Dans son deuxième livre traduit en français, La femme du deuxième étage, l’auteur affine son champ d’investigation et aborde davantage des problèmes plus intimes, au sein d’une famille à priori quelconque… En résulte un roman très intéréssant sur les méandres de la vie.
Ivo Andrić (1892 – 1975) est, selon la page Wikipédia qui lui est consacrée, « né en Bosnie dans une famille croate, qui a eu plus tard la nationalité et l’identité serbe », preuve s’il en fallait que la Yougoslavie était bien plus qu’une construction étatique héritée de la fin de la Première Guerre Mondiale. Il est principalement connu pour « La chronique de Travnik » et « Le pont sur la Drina » et reçut le Prix Nobel de littérature en 1961. Le recueil que nous présentons aujourd’hui, La chronique de Belgrade, a été récemment publié par les Editions des Syrtes, et regroupe huit nouvelles écrites en 1946 et 1951, qui sont pour la plupart traduites en français pour la première fois.
Pour ma dernière participation au Mois de l’Europe de l’Est, et après plusieurs livres abandonnés, j’ai décidé finalement de vous emmener vers la destination de vilégiature numéro 1 de mes compatriotes tchèques : la Croatie. Dans L’Eau rouge, Jurica Pavičić, auteur et journaliste, signe un roman captivant sur la disparition d’une jeune fille et brosse un portrait de la Croatie d’aujourd’hui.
Vukovar, 1991. La ville croate fait l’objet d’un siège de près de 90 jours de l’armée populaire yougoslave et de forces paramilitaires serbes. C’est le point de départ choisi par Ivana Bodrozic pour son roman Hôtel Z : elle y raconte le sort d’une famille croate, dont le père resté défendre sa ville est porté disparu, et qui est contrainte de quitter la ville. La guerre est en arrière-plan, et l’on suit surtout leur histoire sur une période de 10 ans, le tout vu par les yeux d’une jeune fille. Un très beau roman, émouvant, sans pathos. Lire la suite →