Après ma lecture enthousiaste du livre Les pommes Antonov, de l’écrivain et Prix Nobel de littérature Ivan Bounine, j’étais heureux de voir que les Editions Syrtes ont pris l’initiative de regrouper plusieurs recueils de nouvelles en un seul tome, intitulé Nouvelles, en ayant soin d’y ajouter un inédit, oeuvre de jeunesse de Bounine. On retrouve ainsi dans cet opus le talent de l’auteur pour y décrire la vie, la nature humaine, la nature…
Auteure et critique littéraire, Elke Heidenreich est bien connue dans le milieu littéraire germanophone, mais également chez les lecteurs en herbe francophones qui peuvent choisir parmi plusieurs titres jeunesse, dont Nero Corleone ou Le chien de Noureev. Le choix est malheureusement bien restreint pour les adultes, avec un seul titre disponible en français – un recueil de nouvelles intitulé Dos au monde dont je vous parlerai aujourd’hui.
Le bonheur, poursuivit Jonathan, c’est le soleil sur la tapisserie d’une chambre d’hôtel.
Figure importante de la littérature tchèque du XXème siècle, Jiří Weil est un auteur d’origine juive dont l’oeuvre reste très marquée par le destin des Juifs durant la Seconde Guerre Mondiale. Ses deux ouvrages les plus connus ont fait l’objet de réédition en français : tout d’abord Mendelssohn est sur le toit, puis Vivre avec une étoile, l’histoire de Josef Roubíček, modeste employé de banque dont le quotidien se rétrécit au fur et à mesure que l’étau se resserre autour des Juifs de Prague.
Claire Keegan est une autrice irlandaise ayant reçu un bel accueil dès son premier ouvrage sorti en 1999, L’Antarctique. Je découvre sa belle plume avec un texte court d’une centaine de pages, Les trois lumières, qui nous transporte dans l’Irlande des années 80.
Si l’on dit communément que « les peuples heureux n’ont pas d’histoire », cette citation ne peut s’appliquer pour les Pays Tchèques, tant leur territoire fut l’objet de luttes dans le passé, avec un XXème siècle en point d’orgue. C’est dans la partie tchèque de la Tchécoslovaquie, plus exactement dans la ville fictive de Jedlov (Tannberg en allemand), qu’on imagine dans le Nord-Ouest de la Bohême, que se déroule l’intrigue de l’ambitieux roman Le tumulte et l’oubli, de l’écrivain Timothée Demeillers.
Récompensé par le prix de l’Union Européenne en 2021, La rivière est le premier roman de l’autrice lettone Laura Vinogradova. On y rencontre Ruta, une jeune femme qui traine avec elle son mal de vivre suite à la disparition non élucidée de sa soeur Dina.
En reposant le livre de Anna Funder, L’invisible Madame Orwell, je ne pouvais résister à l’envie de lire La ferme des animaux, de George Orwell. Ecrit en 3 mois pendant la Seconde Guerre Mondiale, paru en 1945, et grand succès dès sa sortie, ce livre est une fable visant à montrer à quel point la révolution russe fut dévoyée par Staline et aboutit à une dictature. Anna Funder cite plusieurs fois ce livre, en y replaçant le rôle important que joua la femme de l’auteur, Eileen, dans la genèse de l’oeuvre :
J’irai plus loin en disant que cela montre que sa manière de voir les personnages et autres créatures – plus vive, plus humaine, plus drôle – lui venait d’Eileen. (…) C’est un chef-d’œuvre expliquant comment la révolution russe s’est transformée en dictature sanglante sous la férule d’une nouvelle élite installée par Staline. (…) Dans La Ferme des animaux, la profondeur psychologique et la compassion d’Eileen rejoignent l’intuition politique d’Orwell pour bâtir un chef-d’œuvre – Anna Funder.
Si la Bible évoque une terre où coulent « le lait et le miel », l’auteur allemand Ralf Rothmann a, quant à lui, adapté cette expression pour écrire sur le pays d’où il vient, l’Allemagne, et plus précisément le bassin de la Ruhr dans les années 60. Lait et charbon est un roman à fort caractère autobiographique, où il parle de la vie d’un adolescent, de ses parents dans cette région minière ; une vie loin de ce que l’on a communément l’habitude d’appeler « le miracle économique allemand ».
Tandis que certains parmi vous ont, grâce à Kathel, déjà fait la connaissance de Marta et Arthur, je vais vous introduire dans une autre famille allemande, La famille Ruck, dont les jours sont captés par la plume de Katja Schönherr. Allons donc directement sonner chez Inge qui, si elle n’est pas chez la kiné, devrait bien être à la maison !
Intellectuelle allemande très en vue dans son pays, Carolin Emcke s’attache dans son livre, Contre la haine – sous-titré Plaidoyer pour l’impur, à montrer les mécanismes créant la haine dans nos sociétés – qu’elle soit raciale, religieuse ou sociale. Elle le fait aussi bien en convoquant des philosophes, que des écrivains, et s’appuie sur des événements qui secouent nos démocraties, comme les manifestations contre les réfugiés en Allemagne ou la violence contre les Noirs aux Etats-Unis.
Dans ce tableau, le plus inquiétant n’est pas la montée de partis ou de mouvements populaires agressifs en Allemagne (et en Europe). (…) Ce qui est beaucoup plus dangereux, c’est ce climat de fanatisme qui règne, ici et ailleurs ; c’est cette dynamique d’un rejet toujours plus radical de ceux qui croient autrement ou pas du tout, qui ont une autre apparence ou d’autres amours que celles imposées par la norme, c’est ce mépris grandissant de toute différence qui se répand peu à peu et abîme tout le monde.