Dans Qui se ressemble, l’écrivaine Agnès Desarthe explore la mémoire familiale, à travers l’exil, la langue, la transmission… mais aussi la musique, point commun à la collection La Résonnante de Buchet-Chastel dont j’ai chroniqué récemment le livre de Fabrice Colin, Les clés du royaume.
On est en 2017. Stan, invité à un vernissage, revient dans sa ville natale et renoue ensuite le contact, pas tout à fait volontairement, avec ses deux amis d’enfance, Alice et Finch. Il ne se doute pas (mais le lecteur si !) qu’il remet ainsi en mouvement des événements ayant leurs racines dans le passé. Retour à Carbery, le premier roman de Sarah Ortolan, une très bonne surprise !
Vous ne pouvez pas l’apercevoir, tout au plus sentir une ombre ou un courant d’air. Lui, il vous écoute et observe, sous le buffet, ayant pour seul champ de vision vos chaussures ou le bout de votre parapluie. Il se faufile, comptant ses pas, se confond avec les murs ou la nuit, trouve refuge derrière les piles de livres ou dans une boite. L’enfant lézard de Vincenzo Todisco.
Le visage de Nonna Assunta pâlit quand elle annonce à l’enfant : « La semaine prochaine, tes parents viennent te chercher. Ça n’est pas autorisé normalement, mais ta mère veut t’avoir avec elle, il faut la comprendre. »
Ecrivain suisse né en 1943, Christian Haller fait partie des écrivains reconnus de son pays. La Musique engloutie représente le premier tome d’une trilogie consacrée à l’histoire familiale, qui emmène le lecteur dans le Bucarest et plus largement la Roumanie des années 20 et de l’après Ceaucescu.
La famille S. fixait sans comprendre l’avenir qui allait les engloutir.
Jean-Noël reçoit un appel téléphonique de son frère aîné, l’informant que leur père va mal. Quelques jours plus tard, il monte dans sa Peugeot et se met en route vers le sud et vers un passé qui s’est brutalement interrompu il y a une trentaine d’années. Sur à peine 200 pages, Stéphanie Chaillou nous parle de la famille et de ses membres, et signe avec Revenir à Marimbault un de mes coups de cœur de cette rentrée littéraire.
Cinquième livre de l’auteur suisse romand Roland Buti, paru en 2014, Le Milieu de l’horizon fut le lauréat du prix suisse de littérature en 2014 ainsi celui du public de la RTS, la Radio Télévision Suisse, avant d’être adapté au cinéma en 2019. Se déroulant dans une ferme frappée par la sécheresse de 1976, il met en scène une famille dont la vie bascule en l’espace de quelques semaines.
J’appartenais à cette maison fragile. J’appartenais à cette maison dans laquelle chacun se débattait dans son petit espace clos.
Après La gloire de mon père et Le château de ma mère, je continue ma lecture des souvenirs d’enfance de Marcel Pagnol à travers le troisième tome de la série, intitulé Le temps des secrets. Si les vacances d’été – faites de jeux, de chasse, d’escapades – restent une trame importante du livre, la transition vers l’adolescence est perceptible pour le narrateur.
Direction la Suisse avec le premier roman de Sarah Elena Müller qui figurait parmi les nominés pour le Prix du livre suisseet qui nous est présenté dans la traduction française par les Editions Zoé. L’histoire nous emmène dans un petit village dans les montagnes à la rencontre de L’enfant hors champ, mais aussi d’un crapaud ou d’un ange…
Magdalena Blažević est une autrice croate née en 1982 et vivant à Mostar, en Bosnie-Herzégovine. C’est justement en Bosnie que se déroule son roman A la fin de l’été, qui est son premier à être traduit en français. La narratrice s’appelle Ivana, et y raconte son enfance, au milieu de sa famille, avec sa meilleure amie Dunja ; une enfance qui sera rattrapée par la guerre et dont l’issue ne fait guère de doutes.
Je m’appelle Ivana. J’ai vécu quatorze étés, et ceci est l’histoire du dernier.
Récompensé par Le prix suisse du livre en 2012 pour Le turbulent destin de Jacob Obertin, un livre très dépaysant que j’avais beaucoup apprécié et chroniqué sur ce blog, Catalin Dorian Florescu est un auteur d’origine roumaine ayant émigré en Suisse au début des années 80. Dans L’homme qui apporte le bonheur, récemment traduit en français, l’auteur suisse nous emmène en Roumanie et aux Etats-Unis pour suivre deux destins qui vont se rencontrer.