La nuit bengali est le premier livre que je lis de l’auteur Mircea Eliade (1901-1986), historien des religions, qui a lui-même passé trois années en Inde à la fin des années 20 et place l’action de son roman à Calcutta. Un vrai dépaysement qui nous éloigne substantiellement de la Roumanie dont est originaire l’auteur.
À mes yeux, le premier roman de l’auteure suisse Marlène Mauris a marqué des points dès le début. Tout d’abord en tant qu’objet grâce à une belle couverture et les illustrations de Pierre-Yves Gabioud qui s’accordent parfaitement avec l’histoire. Pas étonnant puisque son oeuvre est indéniablement liée aux montagnes suisses dont il est originaire (tout comme l’autrice) et dont l’esprit est joliment décrit comme une recherche poétique de l’accord entre le coeur et la nature. Deuxièmement, j’étais séduite par le parcours de l’autrice, brièvement mentionné sur le rabat, notamment par sa décision de reprendre une épicerie de montagne à La Sage.* Le troisième point positif est lié au titre, Escarpées, qui illustre très bien les paysages, les images et les personnages qui s’offrent aux lecteurs. Est-ce que mon compteur s’arrêtera là ?
Si quelque chose pouvait définir cet endroit et ses gens, ce serait bien ça : le non-dit pudique et assourdissant. Il est sublime, profondément résistant, imperméable à la douceur. Rassurant pour l’un, renversant pour l’autre.
Le 9 mai 1950, Robert Schuman prononçait un discours qui fera date, marquant la création de la Communauté du Charbon et de l’Acier (CECA). Ce 9 mai est ainsi devenu la Journée de l’Europe. En cette année d’élections au Parlement Européen, dans un contexte où les parti « pro-européens » sont à la peine dans les sondages, notamment en France, il me semblait bon de parler d’un livre publié en 2020, Europe. Rallumer les étoiles, et rédigé par André Gattolin et Richard Werly.
Notre Europe est un puzzle dont nous cherchons sans cesse les ultimes morceaux, alors que d’autres s’évertuent à bousculer la table pour rendre notre quête impossible.
Directeur Général de l’AREP, une agence d’architecture propriété de la SNCF, qui se veut à l’avant-garde de l’architecture décarbonée, Philippe Bihouix est un spécialiste des ressources minérales, qui défend le credo de sortir des impasses environnementales et sociétales « par le bas », c’est-à-dire par les basses technologies (« low tech »), au lieu de ne jurer que par l’innovation et la technique. Il développe cette thèse dans son livre L’âge des low tech.
J’achète un téléphone portable en France, et ce faisant j’ai exploité des mineurs au Congo, détruit des forêts primaires de Papouasie, enrichi des oligarques russes, pollué des nappes phréatiques chinoises, puis, douze à dix-huit mois plus tard, j’irai déverser mes déchets électroniques au Ghana ou ailleurs.
Schade a été le dernier mot de Paula Becker avant de rendre son dernier souffle à l’âge de 31 ans. Dommage de ne plus pouvoir peindre, de s’être arrêtée en plein envol artistique, dommage de ne plus pouvoir retourner dans son cher Paris, dommage de ne pas voir grandir son enfant. Sur à peine 150 pages et sous le titre Être ici est une splendeur, Marie Darrieussecq ressuscite Paula et nous offre le formidable portrait d’une femme-artiste.
J’ai écrit cette biographie à cause de ce dernier mot. Parce que c’était dommage. (…) Parce que j’aurais voulu qu’elle vive. Je veux montrer ses tableaux. Dire sa vie. Je veux lui rendre plus que la justice : je voudrais lui rendre l’être-là, la splendeur.
La carte des Etats européens du début du XXIème siècle, telle que nous la connaissons depuis des décennies, nous ferait presque oublier que l’organisation de l’Europe Centrale fut tout à fait différente il y a plus de 100 ans. Si des pays ont vu leur territoire se restreindre à la fin de la Première Guerre Mondiale, d’autres ont tout simplement disparu de la carte, c’est le cas de la monarchie d’Autriche-Hongrie. Dans L’Agonie d’une monarchie, sous-titrée Autriche-Hongrie, 1914-1919, l’historien Jean-Paul Bled, fin connaisseur de cette région, nous donne son analyse des causes ayant généré l’effondrement de cette monarchie.
Tandis que certains parmi vous se rappellent sûrement du Garçon au coq noir, chroniqué ici en 2022, Stefanie vor Schulte refait son apparition sur le blog aujourd’hui avec son dernier roman Serpents dans le jardin, un livre remarquable sur le deuil.
Chaque été, ils seront désormais pris au piège du souvenir.
Une année s’est écoulée et nous revenons vers vous pour renouveler l’invitation à notre rendez-vous consacré aux romans épistolaires que nous co-organisons avec Madame lit et qui se déroulera du 7 au 10 juin 2024.
Après le succès de Rupture(s) et Etre à sa place, la philosophe Claire Marin s’attache à un thème essentiel qui façonne nos existences : les débuts.
Le début, à la différence du commencement, est une expérience verticale du temps. Le début tranche, il interrompt le temps, là où le commencement s’y écoule paresseusement.
Il y cinquante ans s’éteignait Marcel Pagnol, laissant derrière lui une oeuvre majeure incarnée au cinéma par des acteurs tels que Fernandel, Raimu, Orane Demazis ou encore Pierre Fresnay, pour ne citer qu’eux. Ses livres restent également une part intégrante de notre patrimoine. Jean de Florette est le premier tome de L’Eau des Collines, que complète Manon des Sources. Ce dernier fut d’abord un film, avant que l’écrivain n’écrive les deux tomes qui furent immortalisés au cinéma dans les années 80 par Claude Berry.