Laurent Binet – Perspective(s)

L’année dernière, pour notre rendez-vous sous le signe des romans épistolaires, j’avais choisi une histoire moderne avec des mails tapés sur le clavier d’un ordinateur et transmis instantanément. Cette année, j’ai opté pour des lettres traditionnelles, écrites à la main et acheminées par des messagers. On est alors au 16ème siècle, à Florence, juste au moment où le peintre Pontormo vient d’être assassiné. A partir de ce fait divers, Laurent Binet orchestre magistralement une belle ribambelle de personnages et dévoile leur correspondance.

Laissons le rideau s’ouvrir sur la scène, qui est Florence, en 1557.

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Thomas Flahaut – Les nuits d’été

Thomas Flahaut, auteur né en France, mais installé à Bienne, nous invite à intégrer le quotidien d’un petit groupe de jeunes lors d’un été, partagé entre la commune des Verrières et une usine suisse. Intitulée Les nuits d’été, l’histoire nous offre une vue intéressante sur le sort des enfants issus des classes populaires.

Dans le corps à corps avec la machine, est-ce que sortir vivant et debout de l’atelier à la fin de la nuit, de la saison, d’une vie, c’est gagner ?

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Marlène Mauris – Escarpées

À mes yeux, le premier roman de l’auteure suisse Marlène Mauris a marqué des points dès le début. Tout d’abord en tant qu’objet grâce à une belle couverture et les illustrations de Pierre-Yves Gabioud qui s’accordent parfaitement avec l’histoire. Pas étonnant puisque son oeuvre est indéniablement liée aux montagnes suisses dont il est originaire (tout comme l’autrice) et dont l’esprit est joliment décrit comme une recherche poétique de l’accord entre le coeur et la nature. Deuxièmement, j’étais séduite par le parcours de l’autrice, brièvement mentionné sur le rabat, notamment par sa décision de reprendre une épicerie de montagne à La Sage.* Le troisième point positif est lié au titre, Escarpées, qui illustre très bien les paysages, les images et les personnages qui s’offrent aux lecteurs. Est-ce que mon compteur s’arrêtera là ?

Si quelque chose pouvait définir cet endroit et ses gens, ce serait bien ça : le non-dit pudique et assourdissant. Il est sublime, profondément résistant, imperméable à la douceur. Rassurant pour l’un, renversant pour l’autre.

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Marie Darrieussecq – Être ici est une splendeur

Schade a été le dernier mot de Paula Becker avant de rendre son dernier souffle à l’âge de 31 ans. Dommage de ne plus pouvoir peindre, de s’être arrêtée en plein envol artistique, dommage de ne plus pouvoir retourner dans son cher Paris, dommage de ne pas voir grandir son enfant. Sur à peine 150 pages et sous le titre Être ici est une splendeur, Marie Darrieussecq ressuscite Paula et nous offre le formidable portrait d’une femme-artiste.

J’ai écrit cette biographie à cause de ce dernier mot. Parce que c’était dommage. (…) Parce que j’aurais voulu qu’elle vive. Je veux montrer ses tableaux. Dire sa vie. Je veux lui rendre plus que la justice : je voudrais lui rendre l’être-là, la splendeur.

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Raphaël Guillet – Un arrière-goût amer

Sous le nom poétique Joli-Bois se cache une maison de retraite en Suisse romande où les personnes âgées viennent passer l’automne de leur vie. Comme c’est souvent la cas, il y a une belle liste d’attente pour y accéder, mais à Joli-Bois, les places se libèrent curieusement vite, c’est pourquoi l’inspectrice Alice Ginier est dépêchée sur place. Ainsi commence le roman intitulé Un arrière-goût amer de l’écrivain suisse Raphael Guillet.

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Mioara Tudose – Fleur : Une histoire roumaine

Même si nous avons arrêté l’organisation du Mois de l’Europe de l’Est, la littérature d’Europe Centrale et Orientale aura évidemment toujours sa place sur notre blog (et surtout en mars !). Je vous emmène aujourd’hui en Roumanie, pays d’origine de Mioara Tudose qui a choisi pour l’écriture de son premier roman la langue de son pays d’adoption, le français. Elle retrace de façon romanesque l’histoire de sa famille dans Fleur.

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