
Il y a dix ans disparaissait une figure majeure de la scène politique et intellectuelle européenne, Václav Havel. Ecrivain, dissident, il avait été porté au pouvoir avec la Révolution de Velours de 1989. La Tchécoslovaquie, née en 1918 sur les ruines de l’Empire austro-hongrois, riche d’une grande tradition industrielle qui en faisait l’un des pays les plus riches du globe à l’époque, retrouvait ainsi sa place sur l’échiquier européen après plus de 40 années de domination communiste. A cette occasion, le diplomate Yves Barelli eut l’idée en 1990 de regrouper 7 discours de Vaclav Havel, prononcés entre septembre 1989 et mars 1990, et publiés sous le titre L’amour et la vérité doivent triompher de la haine et du mensonge. Un message fort toujours d’actualité à l’orée d’une nouvelle année.
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Scénariste et écrivaine tchèque née en 1930, Eva Kanturková a été membre du PC tchécoslovaque jusqu’en 1970. Elle s’est ensuite orientée vers la dissidence, faisant partie des signataires de la Charte 77 (pétition des opposants au régime ayant pour but de rappeler au gouvernement les engagements qu’il avait pris sur les Droits de l’Homme à Helsinki en 1975). Emprisonnée en 1981 pour des raisons politiques, elle nous fait part dans Les amies de la maison triste de la vie de ses co-détenues durant cette expérience pénitentiaire de 9 mois. Une immersion dans une prison de femmes de la Tchécoslovaquie de la normalisation, qui est devenu un classique en son pays.
Dans la Tchécoslovaquie d’après-guerre, quand une statue de Saint-Joseph se met soudainement à bouger dans une petite église, certains crient au miracle, d’autres à la mise en scène. Ce fait divers réel est le point de départ de Miracle en Bohême de Josef Škvorecký. Un roman qui opère par collages de récits dans le temps, laissant une place prépondérante à l’année 1968 et dont Milan Kundera dira : « Celui-ci, jusqu’à nouvel ordre, est l’unique oeuvre qui donne une vision d’ensemble de l’invraisemblable histoire du Printemps de Prague, en même temps qu’il est imprégné, sous la forme la plus authentique, de cette résistance sceptique qui représente le meilleure atout du peuple tchèque ».