
Ukraine, milieu des années 90. Samira, une petite fille de cinq ans, vit dans un orphelinat ukrainien. Quand son amie Marina est adoptée par un couple allemand, elle n’a plus qu’une idée en tête : quitter ce lieu et prendre le train pour l’Allemagne afin de la retrouver. Dans Kukolka, premier roman de l’auteure allemande d’origine ukrainienne Lana Lux, Samira nous raconte le calvaire qui sera le sien après son évasion.
J’ai l’impression que toute mon enfance s’est passée en hiver. Je me souviens de l’immense dortoir froid et des lits en métal. Ils étaient alignés en rangées innombrables. C’est là que nous dormions. La nuit et aussi après le déjeuner. Tout ce que nous avions le droit de faire au foyer était défini avec précision. Même dormir.


Publié en Russie en 2015, et plébiscité par les lecteurs de ce pays, Zouleikha ouvre les yeux est le premier roman de l’écrivaine Gouzel Iakhina. Elle s’est inspirée de l’histoire de sa grand-mère tatare, exilée pendant 16 ans en Sibérie, pour écrire l’histoire de Zouleikha. Sans plus attendre, je vous invite à découvrir ce très beau roman paru récemment en France et récompensé par le magazine Transfuge comme le meilleur roman russe de 2017, sans oublier de mentionner ce qu’en dit Ludmila Oulitskaïa, qui a rédigé la préface :
Scénariste et écrivaine tchèque née en 1930, Eva Kanturková a été membre du PC tchécoslovaque jusqu’en 1970. Elle s’est ensuite orientée vers la dissidence, faisant partie des signataires de la Charte 77 (pétition des opposants au régime ayant pour but de rappeler au gouvernement les engagements qu’il avait pris sur les Droits de l’Homme à Helsinki en 1975). Emprisonnée en 1981 pour des raisons politiques, elle nous fait part dans Les amies de la maison triste de la vie de ses co-détenues durant cette expérience pénitentiaire de 9 mois. Une immersion dans une prison de femmes de la Tchécoslovaquie de la normalisation, qui est devenu un classique en son pays.
Empire russe, province de Livonie (actuelle Estonie), 1827. Le baron Timotheus von Bock vient d’être relâché de prison pour cause de folie. Dans Le fou du tzar qui obtint le Prix du meilleur livre étranger en 1990, Jaan Kross nous relate, sous la forme d’un journal, la vie de ce dernier et les raisons qui ont conduit le tzar à emprisonner celui qui était son plus proche conseiller. Un roman historique passionnant à découvrir sans plus attendre !
Nous sommes dans la Roumanie communiste des années 80, et le narrateur du livre, alors âgé de 11 ans, se retrouve privé de père, ce dernier étant condamné à purger une peine dans un camp de travail. Deuxième livre de l’auteur hongrois György Dragomán, auteur issu de la minorité hongroise de la Transylvanie roumaine, Le roi blanc décrit la vie vécue par ce fils, avec comme toile de fond la société roumaine et ses travers.
Dans la Tchécoslovaquie d’après-guerre, quand une statue de Saint-Joseph se met soudainement à bouger dans une petite église, certains crient au miracle, d’autres à la mise en scène. Ce fait divers réel est le point de départ de Miracle en Bohême de Josef Škvorecký. Un roman qui opère par collages de récits dans le temps, laissant une place prépondérante à l’année 1968 et dont Milan Kundera dira : « Celui-ci, jusqu’à nouvel ordre, est l’unique oeuvre qui donne une vision d’ensemble de l’invraisemblable histoire du Printemps de Prague, en même temps qu’il est imprégné, sous la forme la plus authentique, de cette résistance sceptique qui représente le meilleure atout du peuple tchèque ».