
On ne sort pas indemne d’un livre de Svetlana Alexiévitch. Si j’ai encore en tête certains passages de La supplication, son livre consacré aux victimes de la catastrophe de Tchernobyl, nul doute qu’il en sera de même pour Derniers témoins. Fidèle à sa méthode d’interviews, l’auteure est allée de 1980 à 2004 à la rencontre d’hommes et femmes qui étaient enfants lors de la Seconde Guerre Mondiale sur le front de l’Est. 101 témoignages émouvants, glaçants sur la Grande Guerre patriotique vécus à hauteur d’enfant. Tout simplement bouleversant.
Longtemps, j’ai attendu papa. Toute ma vie…
Publié en Russie en 2015, et plébiscité par les lecteurs de ce pays, Zouleikha ouvre les yeux est le premier roman de l’écrivaine Gouzel Iakhina. Elle s’est inspirée de l’histoire de sa grand-mère tatare, exilée pendant 16 ans en Sibérie, pour écrire l’histoire de Zouleikha. Sans plus attendre, je vous invite à découvrir ce très beau roman paru récemment en France et récompensé par le magazine Transfuge comme le meilleur roman russe de 2017, sans oublier de mentionner ce qu’en dit Ludmila Oulitskaïa, qui a rédigé la préface :
Scénariste et écrivaine tchèque née en 1930, Eva Kanturková a été membre du PC tchécoslovaque jusqu’en 1970. Elle s’est ensuite orientée vers la dissidence, faisant partie des signataires de la Charte 77 (pétition des opposants au régime ayant pour but de rappeler au gouvernement les engagements qu’il avait pris sur les Droits de l’Homme à Helsinki en 1975). Emprisonnée en 1981 pour des raisons politiques, elle nous fait part dans Les amies de la maison triste de la vie de ses co-détenues durant cette expérience pénitentiaire de 9 mois. Une immersion dans une prison de femmes de la Tchécoslovaquie de la normalisation, qui est devenu un classique en son pays.
Empire russe, province de Livonie (actuelle Estonie), 1827. Le baron Timotheus von Bock vient d’être relâché de prison pour cause de folie. Dans Le fou du tzar qui obtint le Prix du meilleur livre étranger en 1990, Jaan Kross nous relate, sous la forme d’un journal, la vie de ce dernier et les raisons qui ont conduit le tzar à emprisonner celui qui était son plus proche conseiller. Un roman historique passionnant à découvrir sans plus attendre !
Nous sommes dans la Roumanie communiste des années 80, et le narrateur du livre, alors âgé de 11 ans, se retrouve privé de père, ce dernier étant condamné à purger une peine dans un camp de travail. Deuxième livre de l’auteur hongrois György Dragomán, auteur issu de la minorité hongroise de la Transylvanie roumaine, Le roi blanc décrit la vie vécue par ce fils, avec comme toile de fond la société roumaine et ses travers.
Dans la Tchécoslovaquie d’après-guerre, quand une statue de Saint-Joseph se met soudainement à bouger dans une petite église, certains crient au miracle, d’autres à la mise en scène. Ce fait divers réel est le point de départ de Miracle en Bohême de Josef Škvorecký. Un roman qui opère par collages de récits dans le temps, laissant une place prépondérante à l’année 1968 et dont Milan Kundera dira : « Celui-ci, jusqu’à nouvel ordre, est l’unique oeuvre qui donne une vision d’ensemble de l’invraisemblable histoire du Printemps de Prague, en même temps qu’il est imprégné, sous la forme la plus authentique, de cette résistance sceptique qui représente le meilleure atout du peuple tchèque ».
Anne von Canal est une écrivaine et interprète allemande. En France, elle s’est fait connaître par son premier roman Ni terre, ni mer que j’ai également noté après avoir lu quelques commentaires positifs des lecteurs allemands. Aujourd’hui, je vais vous présenter son dernier roman, Scott est mort. Pour l’écrire, l’auteure a entrepris un voyage en Arctique dans une base de recherche. C’est ici, entourée de neige, que le personnage principal apprend le décès de sa meilleure amie.